DÉCRYPTAGE. Jeudi, la maison de disques et la jeune pousse ont annoncé le lancement d’une plate-forme d’écoute de musiques générées par IA, qui respecte les droits d’auteur des artistes. Si l’initiative est une première , elle suscite aussi des inquiétudes et des questionnements.« J’ai envie de dire enfin » ! Voilà comment réagit auprès de La Tribune Alexandra Bensamoun, professeur de droit à l’université Paris-Saclay et auteur de plusieurs rapports sur l’IA et les droits d’auteur pour le ministère de la Culture. La raison de son enthousiasme : un accord inédit signé jeudi entre le géant de l’industrie musicale Universal et Udio, une start-up de création de musiques, via intelligence artificielle, lancée en mai dernier.
Le « deal », dont le montant est resté secret, prévoit le lancement en 2026 d’une plate-forme alimentée par une « une technologie d’IA générative de pointe », selon un communiqué. Mais surtout, l’accord autorise Udio à utiliser, « sous licence », le catalogue musical d’Universal Music Group, contre rémunération. Une première, en sachant que la major abrite plusieurs stars mondiales de la musique, comme Taylor Swift, The Weeknd, ou encore Lady Gaga.
Un tournant dans l’industrie de la musique
Cette entente marque un tournant dans la relation tumultueuse entre l’industrie musicale et les plates-formes de création IA, régulièrement accusées de violer les droits d’auteur des artistes. D’ailleurs, les deux sociétés étaient jusqu’ici en procédure de litige, cet accord venant donc régler le différend à l’amiable. À noter que d’autres grands éditeurs, tels que Sony et Warner, sont aussi en négociation avec Udio et Suno, une plate-forme concurrente.
Pour Alexandra Bensamoun, cet accord est « une suite logique, il n’y avait aucune raison qui allait contre une contractualisation ». Pour l’avocate, cette issue ressemble « à ce qui s’est passé avec les premières plateformes de streaming musical ». À leur début, celles-ci diffusaient gratuitement de la musique, sans respecter les droits d’auteur des artistes. Aujourd’hui, la rémunération est totalement institutionnalisée, même si des questions demeurent sur le faible pourcentage de revenus qu’ils perçoivent.