Depuis décembre, la start-up Doctronic permet à une intelligence artificielle de renouveler des ordonnances médicales sans l'aide d'un médecin, dans le cadre d’un programme pilote avec l'Utah. Si l'entreprise se vante des très bons résultats de son modèle, la mesure soulève des questions de sécurité et de qualité des soins chez les professionnels de santé.Depuis le mois de décembre dans l'État de l'Utah aux États-Unis, ce n'est pas un médecin qui renouvelle vos prescriptions médicales, mais une IA. L'État a lancé un programme pilote avec la start-up Doctronic permettant aux patients atteints de maladies chroniques telles que le diabète, l'asthme ou encore les cancers de renouveler leurs ordonnances médicales en ligne sans passer par un médecin. Les premières prescriptions sont actuellement écartées de ce programme, de même que le renouvellement de médicaments tels que les analgésiques, les injectables et les médicaments pour le trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité (TDAH) pour des raisons de sécurité.
« Cette initiative vise à démontrer qu'une IA sûre et bien réglementée peut améliorer l'observance [c'est-à-dire la concordance entre le comportement du patient et les prescriptions médicamenteuses], prévenir les visites évitables à l'hôpital et réduire les dépenses de santé, tout en maintenant les médecins au centre des soins », a justifié l'État dans un communiqué.
Pour l'heure, le programme concerne 190 médicaments couramment prescrits et les 250 premières prescriptions seront vérifiées par des médecins afin de vérifier la validité de l'outil. Le prix est de 4 dollars par prescription pour les patients.
Flou sur la réglementation
Si cette expérimentation voit le jour, c'est parce que l'entreprise Doctronic peut prescrire et utiliser les données comme elle le souhaite puisque la Food and Drug Administration (FDA), en charge de l'autorisation ou de l'interdiction de la commercialisation des médicaments sur le territoire américain, n'a pas encore statué sur le programme d'intelligence artificielle. Difficile encore de savoir ce que l'administration fera sur ce statut particulier. Outre-Atlantique, les États sont autonomes sur les règles de pratiques de leur médecine, mais la FDA réglemente tout ce qui concerne les dispositifs médicaux utilisés pour diagnostiquer ou traiter les maladies, une fonction que ne fait pas le programme de Doctronic pour le moment.