Chris Sharp : « C'est le moment idéal pour bâtir une IA européenne souveraine »
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Fabrice Coquio, président de Digital Realty France, et Chris Sharp, CTO de l'entreprise au niveau mondial.
© Nora Hegedüs
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Fabrice Coquio, président de Digital Realty France, et Chris Sharp, CTO de l'entreprise au niveau mondial.
© Nora Hegedüs
5,2 milliards d'euros, c'est la somme que le poids lourd américain des data center Digital Realty va investir en France dans les années qui viennent à Paris et Marseille, pour soutenir le développement de l'intelligence artificielle. Rencontre, à l'occasion du salon Adopt AI, cette semaine, avec Chris Sharp, le directeur de la technologie de la société, et Fabrice Coquio, président de la branche française.
La Tribune. Vous défendez le concept d’une IA européenne souveraine. Comment est-ce possible, alors que nous sommes dépendants d’équipements et de logiciels développés ailleurs ?
Chris Sharp. Nous n’en sommes encore qu’au tout début de l’intelligence artificielle. Tous les 12 mois, les puces changent. Les modèles d'IA évoluent encore plus vite, tous les six mois, voire moins. Est-ce que c’est trop tard pour investir dans l’IA pour l’Europe ? Absolument pas. C’est même le moment idéal pour réfléchir à la souveraineté. Comment avoir le contrôle ? Comment avoir de la visibilité ? L’idée est de pouvoir bâtir un environnement souverain et de confiance pour exploiter les données de manière très contrôlée. C’est possible en faisant des choix dans les infrastructures et les modèles.
Qu’est-ce que l’IA change fondamentalement dans votre façon d’opérer ?
Chris Sharp. Désormais, c’est le silicium qui impose la conception du data center. Je vois souvent des clients qui ont acheté des puces et n’ont nulle part où les déployer. Même quand ils disposent déjà d’un data center, ce dernier ne peut pas forcément en supporter la densité. C’est pour cela que la modularité de nos infrastructures est essentielle : nous essayons d’avoir deux à trois ans d’avance par rapport au matériel qui va arriver sur le marché. Alors, certes, on parle beaucoup de distribution électrique, de la puissance nécessaire, de densification, du refroidissement requis… Mais il y a aussi la charge au sol. Les nouveaux racks de serveurs vont peser plus de 4,5 tonnes à l’avenir. Donc, quand on conçoit un data center aujourd’hui, on anticipe cette charge au sol pour pouvoir la supporter dans quelques années.