L'énergéticien étudie des projets de retenues d'eau permettant de stocker l'électricité lors des épisodes de surproduction, et de la revendre lors des pics de demande. À proximité des grands barrages de la Dordogne, des collectifs s'opposent aux ardeurs de cette nouvelle course nationale.Des reliefs marqués, des vallées profondes et verdoyantes avec, au fond, des ruisseaux qui méandrent au cœur de bassins versants peu habités. En y ajoutant les grands barrages de la chaîne de la Dordogne, EDF dispose ici d'un terrain de jeu on ne peut plus propice pour alimenter sa grande œuvre d'expansion hydroélectrique.
Sauf à en croire les tracts agrafés dans les hameaux de la commune de Neuvic, en Corrèze, hostiles à l'énergéticien. « Ce cadre de vie vaut bien plus que des kilowattheures : NON À LA STEP ! (Station de Transfert d'Energie par Pompage ndlr)», y lit-on. Plus loin, on tombe sur la version loutre et milan royal. Autour des affichettes plastifiées, des maisons de granit aux toits d'ardoise liées à des exploitations agricoles, des résidences secondaires ou des gîtes. En contrebas des champs céréaliers, en plongeant sur les gorges de la Dordogne, c'est ici qu'EDF Hydro Dordogne a démarré une campagne de relevés.
Sur les flancs ouest du Massif central, le fleuron de l'électron tricolore s'est mis en quête de sites propices à accueillir des bassins de stockage d'eau. Ces STEP sont des bassins artificiels aménagés au-dessus de retenues existantes. Par deux galeries souterraines, l'une horizontale, l'autre verticale, séparées par une turbine, l'eau peut y être remontée par pompage électrique lorsque le marché est en surproduction et propose des prix bas voire négatifs. L'intérêt étant de faire retomber cette eau pour produire de l'électricité lorsque le besoin est au plus haut, tout comme son prix.
La fin du conflit entre la France et l'Europe autour des concessions hydroélectriques va déjà permettre d'augmenter les capacités de production des barrages. Mais c'est insuffisant pour les appétits du groupe. Les fortes fluctuations des prix de l'électricité et les objectifs de la dernière programmation énergétique nationale font naître un grand regain d'intérêt pour les Step. En France, EDF exploite seulement six stations pour 5 gigawatts de puissance installée. D'ici le début des années 2030, 1,7 gigawattheure (GW) supplémentaire pourrait être érigé grâce à des bassins de taille plus modeste.