La start-up Gojob, qui déploie notamment des agents de recrutement pour France Travail ou l'armée, a migré ses données vers le cloud de confiance de S3NS, la coentreprise de Thales et Google. L’objectif : protéger ces conversations sensibles grâce à la certification SecNumCloud.Alors que l’IA se déploie un peu partout dans les services publics, mieux vaut s’assurer où sont stockées les données que ces nouveaux outils produisent. Gojob, start-up missionnée par l’armée, France Travail, EDF et d’autres organisations publiques ou dites d’importance vitale pour mettre en place des agents IA notamment pour le recrutement, s’est donc posé la question. Et y a répondu en migrant ses données, jusqu’alors stockées sur le cloud de Microsoft, sur le cloud de S3NS, une filiale de Thales dans laquelle Google détient une participation.
Cette offre combine un haut niveau de sécurité, assuré par Thales, et les fonctionnalités phares de Google Cloud. En décembre dernier, S3NS a obtenu la qualification SecNumCloud 3.2 pour son offre de « cloud de confiance » Premi3ns. Une première pour une entreprise intégrant un actionnaire américain.
Pour rappel, cette certification, délivrée par l’Anssi, est considérée comme l’une des plus exigeantes en Europe, avec plus de 1 000 points de contrôle portant sur la sécurité physique, logicielle et juridique. S3NS revendique aujourd’hui environ 70 clients, parmi lesquels EDF, Veolia ou encore l’éditeur de logiciels professionnels Pigment.
Une protection jugée nécessaire par Pascal Lorne, PDG de Gojob. « Nous traitons des données de millions de conversations entre candidats et recruteurs privés ou publics comme l’armée ou France Travail, et bientôt l’Éducation nationale. Ces données captent des aspirations, des projets, des rêves, et peuvent même déborder sur la santé ou les opinions plus personnelles », détaille-t-il. Pour l’entrepreneur, ces données « chaudes » constituent une ressource stratégique qu’il « n’est pas question » de laisser aux mains d’acteurs étrangers.