Les Français sont 8% à préférer l'IA aux médias pour s'informer
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

ChatGPT Booking
OpenAI
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

ChatGPT Booking
OpenAI
L’intelligence artificielle s’invite dans la fabrique et la consommation de l’information. Fascinés par ces nouveaux outils, les Français oscillent entre engouement et méfiance. C’est ce que révèle l’étude OpinionWay pour La villa numeris, publiée ce mercredi 15 octobre. Derrière l’usage croissant des IA génératives comme ChatGPT, Gemini ou Claude, se dessine une transformation profonde de la relation à l’information. Et une question brûlante : à qui faire confiance ?
Selon l’enquête, plus d’un Français sur quatre (27 %) a déjà utilisé une IA générative, et 8 % s’en servent pour s’informer directement sur l’actualité. Un chiffre encore marginal, mais significatif si l’on considère que ces outils n’existaient pas dans le grand public il y a trois ans. Parmi ces utilisateurs, 72 % n’utilisent qu’un seul outil, le plus souvent ChatGPT, très loin devant Gemini, Claude ou Mistral. La familiarité s’accompagne d’un sentiment de maîtrise : 52 % des utilisateurs se jugent d’un bon niveau, mais près de la moitié reconnaît tâtonner encore.
L’étude révèle une donnée surprenante : 87 % des utilisateurs -c'est-à-dire des 8% de Français qui utilisent l'IA comme source d'information- disent avoir confiance dans les réponses fournies par les IA conversationnelles, un score supérieur à celui des médias traditionnels. À titre de comparaison, seuls 75 à 80 % déclarent faire confiance aux journaux ou à la radio, et moins de 60 % aux portails d’information ou moteurs de recherche. A l'inverse, chez ceux qui n'utilisent pas l'IA pour s'informer, la défiance est très forte.
Cette foi quasi aveugle dans les machines chez les personnes les plus technophiles interroge. Car les IA, même les plus performantes, continuent de produire des erreurs factuelles, appelées « hallucinations ». Et cela ne s'arrange pas : en 2025, alors même que les derniers modèles dits de raisonnement comme GPT 5 d'OpenAI ou Claude 4 d'Anthropic sont capables de créer du contenu d'une sophistication inédite, ils « hallucinent » de plus en plus. En août 2025, ChatGPT inventait de fausses réponses 40% du temps, contre 33% un an plus tôt, d'après une étude de chercheurs en sciences informatiques de NewsGuard. De leur côté, Mistral hallucinait 36,7% du temps, Grok -l'IA d'Elon Musk- 33,3%, et Gemini, de Google, 16,7%.