Les impacts en termes d’émissions de gaz à effet de serre et de consommation d’eau peuvent être jusqu’à 60 fois plus élevés en utilisant un agent IA plutôt qu'une IA générative. La faute aux pages web chargées. Explications.
Pour trouver une recette de gâteau au chocolat, comparer des modèles de voitures ou acheter un produit sur un site d’e-commerce, il fallait autrefois cliquer sur une succession de liens, nous menant de site en site sur le web. Désormais on peut obtenir la même réponse en restant sur l’interface d’une IA générative ou d’une IA agentique.
Deux nouvelles expériences qui n’ont toutefois pas le même impact environnemental, comme le révèle cette semaine une étude du Green IT, un collectif d’experts du numérique, à l’occasion du baromètre 2025 de l’éco-conception publié avec Razorfish. La surprise, c’est qu’il est préférable d’avoir recours à une IA générative plutôt qu’une IA agentique. « Les IA agentiques ont jusqu’à 60 fois plus d’impacts en termes d’émission de gaz à effet de serre et de consommation d’eau. Par exemple, 134 gCO2e pour ChatGPT Agent contre 2,2 gCO2e pour ChatGPT », relève l’étude. Comment expliquer un tel écart ?
Des indicateurs techniques faciles à scruter
Cette différence est principalement due au nombre de pages web chargées à la volée, beaucoup plus important dans le cas des agents. « Plutôt que d’aller dans son réseau de neurones pour fournir les résultats comme le fait une IA générative, l’agent IA va aller charger un certain nombre de pages web dont il va analyser le contenu, pour livrer une réponse en direct », pointe Frédéric Bordage, membre fondateur de Green IT.
L'impact environnemental comparé d'une même recherche suivant trois modes différents. (Crédits : Green IT.)
Pour obtenir ces résultats, il a d’abord fallu définir des scénarios comme poser une question de culture générale ou réserver un restaurant. Et à chaque étape, scruter ce qui s’affichait. « Nous avons relevé des paramètres techniques objectifs comme la complexité de la page web ou le nombre de requêtes et la quantité de données échangées entre le serveur et notre navigateur », explique encore Frédéric Bordage, membre fondateur de Green IT. Et c’est à partir de ces indicateurs qu’il a été possible de quantifier les impacts, grâce la méthode de l’analyse de cycle de vie.