ANALYSE. La récente visite du prince héritier Mohammed Ben Salmane à Washington a donné lieu à une cascade d’accords sur les nouvelles technologies. Démonstration de force et art des affaires de la part de Trump, certes, mais aussi et surtout un moyen de donner des gages aux franges souvent opposées de sa coalition.C’est désormais une habitude : la récente rencontre entre Donald Trump et Mohammed Ben Salmane a donné lieu à une vague d’annonces et d’accords entre les deux puissances, le président américain ayant comme d’ordinaire étroitement mêlé diplomatie et monde des affaires.
Donald Trump a commencé par saluer la relation spéciale de son pays avec la pétromonarchie saoudienne, avant d’élever celle-ci au statut d'« allié majeur non-membre de l’Otan ». Cette désignation officielle du gouvernement américain dénote une coopération militaire étroite entre les deux pays, sans toutefois la garantie de défense en cas d’agression propre à tous les membres de l’Otan. Le Qatar, la Jordanie, le Koweït ou encore Israël tombent également dans cette catégorie. Les transferts d’armes entre les deux pays seront désormais facilités, l’Arabie saoudite pourra stocker de l’armement américain, décrocher des contrats auprès du Pentagone et acheter des munitions à uranium appauvri.
Contrats à gogo pour la tech américaine
Sur le premier point, les deux puissances n’ont pas perdu de temps, puisque Donald Trump a profité de la rencontre pour annoncer la livraison de 300 tanks américains, et surtout de F-35, balayant les réserves du Pentagone à cet égard.
Outre ce juteux contrat d’armement, Trump a obtenu du prince Mohammed Ben Salmane la promesse d’investissements supplémentaires dans l’économie américaine : les 600 milliards de dollars d’investissements cumulés promis en mai lors d’une visite du président américain en Arabie saoudite sont ainsi passés à 1 000 milliards de dollars. Ils seront notamment dépensés dans des projets en lien avec l’énergie, la défense et les infrastructures.