S’agit-il d’un coup de bluff ? Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane a promis mardi au président américain Donald Trump d’investir 1 000 milliards de dollars aux États-Unis. « Nous croyons en l’avenir de (…) l’Amérique. Je crois, Monsieur le Président, qu’aujourd’hui et demain, nous pouvons annoncer que nous allons augmenter ces 600 milliards à près de 1 000 milliards de dollars pour l’investissement », a-t-il dit dans le Bureau ovale, un geste dont s’est félicité le président américain.
Mais le chiffre a de quoi surprendre, puisqu’il représente l’équivalent du PIB saoudien, qui a atteint 1081 milliards de dollars en 2024, selon la Direction générale du Trésor. Il y a dans cette annonce « une dimension spectaculaire », destinée à montrer « la formidable réussite de la relation américano-saoudienne en matière de business », analyse pour La Tribune David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique, chercheur associé à l'EISMENA et spécialiste du Moyen-Orient.
Cependant, « avec l’Arabie saoudite comme avec les pétromonarchies du Golfe », il ne s’agit en général que de « Memorandums of Understanding (MoU), c’est-à-dire de lettres d'intention ou protocoles d’accord », décrypte le spécialiste. En clair, « cela ne veut pas dire que tous les contrats annoncés seront nécessairement finalisés. C’est la phase préliminaire de l’annonce, mais tous les MoU ne débouchent pas toujours sur des contrats effectifs, pas forcément », explique David Rigoulet-Roze, qui assure tout de même que « ce n’est pas que du vent ».