Le « venture studio » fondé par Renan Devillières, annonce avoir sécurisé 44 millions d’euros lors du premier closing de son fonds, qui vise une taille totale de 75 millions d’euros. Avec l'objectif de déployer des solutions logicielles basées sur l'IA pour transformer les usines et lutter contre la désindustrialisation.Les informations à retenir
OSS VENTURES : LE PARI DU LOGICIEL POUR SAUVER L'USINE
Face à l'hémorragie industrielle française — 82 fermetures d'usines au premier semestre 2025 — OSS Ventures lance un fonds de 75 millions d'euros pour transformer les PME en « usines technologiques » grâce à l'IA embarquée.
Le redressement productif impose de réconcilier codeurs et ouvriers en déployant des solutions logicielles scalables capables de générer des gains de productivité massifs sur des milliers de sites.
La stratégie de souveraineté d'OSS Ventures, bien qu'ancrée sur les infrastructures de Mistral AI et OVHcloud, assume une expansion transatlantique indispensable pour rivaliser avec la puissance financière et le focus stratégique américain.
82 usines fermées sur les six premiers mois de l'année 2025 en France, contre seulement 44 ouvertures. Le baromètre de la Direction générale des entreprises (DGE), publié fin octobre, n'a pas de quoi inciter à l'optimisme. Et ce d'autant plus que tous les signes sont au rouge pour le deuxième semestre de 2025 et l'année 2026, tant les annonces de PSE dans l'industrie explosent, signes d'une désindustrialisation difficile à enrayer.
Pour tenter de limiter la casse auprès des usines d'aujourd'hui, et préparer l'industrie de demain, l'entrepreneur Renan Devillières passe à la vitesse supérieure. « Les usines qui survivront seront des usines technologiques. Car pour rester compétitives, elles ont besoin d'améliorer voire de réinventer leurs process, de produire plus et mieux. L'intelligence artificielle peut leur permettre cela, il y a aujourd'hui un grand besoin de logiciels industriels qui répondent à des problématiques de terrain concrètes et complexes », explique-t-il à La Tribune.
Après avoir créé le start-up studio OSS Ventures en 2019, qui a lancé en sept ans 30 start-up industrielles dont 22 sont encore en activité, l'entrepreneur se lance donc dans l'investissement. Et annonce ce mercredi 18 février le closing de son premier fonds d'investissement visant 75 millions d'euros. Pour l'heure, 44 millions d'euros sont sécurisés auprès d'investisseurs industriels comme Decathlon Pulse et Teknor Apex, ainsi que des partenaires historiques comme le groupe Peugeot Frères. L'objectif : financer des start-up issues de son studio après leur validation opérationnelle.