Depuis 2024, un projet de recherche grenoblois utilise l'intelligence artificielle pour mesurer un paramètre inédit dans la gestion des pics de glycémie : le stress, à travers des marqueurs non-conventionnels comme la voix. Une expérimentation qui pourrait mener à une nouvelle ère de la médecine prédictive, en se basant sur l'analyse du son.C'est au cœur de l'écosystème grenoblois, connu pour sa « Silicon valley » de l'électronique mais aussi, pour un écosystème riche en medtech, qu'un projet expérimental sur le diabète vise à franchir un nouveau cap. Car cette fois, il est question d'étudier la manière dont un autre paramètre quotidien, le stress, viendrait influencer la survenue des pics d'insuline des patients atteints de diabète de type 1. Et ce, à travers un nouvel indice ouvrant de nouvelles possibilités pour le diagnostic en médecine : la voix.
« On savait de longue date que pour bien déterminer les besoins d'insuline d'un patient, on a besoin de connaître les facteurs qui influencent la glycémie. On pense en premier lieu à l'alimentation ou l'activité physique, mais tous les patients nous disent qu'ils font aussi bien le lien avec le stress ou le surmenage personnel ou professionnel », affirme le professeur Pierre-Yves Benhamou, diabétologue au CHU Grenoble Alpes, coordinateur du projet Diabète & Stress.
La relation entre diabète et stress était donc, selon ce professeur, « hautement probable mais pas définie ». « Mais il fallait encore savoir comment la quantifier ».
C'est en rencontrant le docteur luxembourgeois Guy Fagherazzi, du Luxembourg Institute of Health (LIS) qui mène depuis plusieurs années des travaux sur « la voix qui pourrait se placer comme un indicateur de plusieurs maladies », que le projet grenoblois s'est précisé.
La voix, un tout nouveau champ d'analyse
« Les équipes de Guy disposaient déjà d'une base de données de voix établie en différentes langues, et avaient démontré qu'avec une analyse spectrale de différents paramètres (intensité, timbre, etc.), l'intelligence artificielle pouvait mener des analyses de manière très fine », explique Pierre-Yves Benhamou.