Sellsy, Ultra Premium Direct, iQspot et Parcel viennent de changer de main. En décidant de rejoindre un grand groupe ou un concurrent, leurs fondateurs répondent à des motivations différentes qui témoignent de l’évolution de l’écosystème tech de la région bordelaise.Pionnières de la French Tech dans la région bordelaise, Sellsy, créée en 2009 à La Rochelle, et Ultra Premium Direct, fondée en 2013 à Agen, ont marqué l’écosystème par leur trajectoire de croissance rentable et par des levées de fonds majeures. La première, qui compte 180 salariés et développe une suite logicielle pour les TPE/PME, a levé 55 millions d’euros auprès du fonds PSG en 2022 tandis que la seconde, qui fabrique et vend des croquettes pour chiens et chats et compte 230 salariés, avait signé un an plus tôt pour 68 millions d’euros auprès d’Eurazeo.
Mais en cet automne 2025 l’heure n’est plus à la levée de fonds mais à la vente de la totalité de leur capital à des concurrents européens.
Constituer des leaders européens
Déjà détenue majoritairement par le fonds PSG, Sellsy n’envisageait pas nécessairement de changer de main aussi tôt. Mais l’arrivée de l’intelligence artificielle et la facturation électronique, qui deviendra progressivement obligatoire à partir du 1er septembre 2026, ont accéléré le tempo. La start-up rochelaise a rejoint l’entreprise italienne TeamSystem, un acteur européen de premier plan avec plus de 5 000 collaborateurs, 2,5 millions de clients et un chiffre d’affaires dépassant le milliard d’euros en 2024.
« Cette cession acte un plan d’investissement dans notre stratégie actuelle. L’objectif prioritaire en rejoignant TeamSystem c’est d’avoir les moyens de nos ambitions en France et en Europe en capitalisant notamment sur leur expérience en matière de facturation électronique en Italie », promet Victor Douek, le CEO qui restera aux manettes de Sellsy en tant que directeur France.
De son côté, Ultra Premium Direct dispose de son propre outil de production et revendique la pole position sur la vente en ligne de croquettes animales en France avec 21 % de parts de marché et plus de 70 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’idée était donc plutôt de croquer des concurrents que d’envisager une cession. Mais ce sont des raisons de santé qui ont poussé Matthieu et Sophie Wincker, le couple de cofondateurs, à céder la totalité du capital d’UPD à Inspired Pet Nutrition, le leader du marché britannique de l’alimentation pour chiens, et à quitter l’entreprise.