À un an du coup d’envoi de la réforme de la facturation électronique, les entreprises tricolores ne semblent pas prêtes à passer le cap, selon un baromètre OpinionWay pour l’ordre des experts-comptables.Le compte à rebours s'accélère pour la réforme de la facturation électronique. À partir du premier septembre 2026, toutes les entreprises tricolores devront recevoir leurs factures en version numérique. Pour les grandes comme les entreprises de taille intermédiaire (ETI), l'obligation d'émettre des factures dématérialisées sera également effective ce même jour. Les TPE et PME auront un an supplémentaire. Dans les services aux entreprises et les cabinets d'experts-comptables, l'inquiétude grandit quant au niveau de préparation des directions. Selon un baromètre réalisé par OpinionWay pour l'ordre des experts-comptables dévoilé ce jeudi 11 septembre, seuls 39 % des entreprises sont opérationnelles (22 %) ou ont un plan d'opération en cours (17 %). Inversement, 38 % des répondants n'ont pas de plan d'action et 13 % n'ont pas eu connaissance de cette obligation. Et cette répartition des réponses est comparable à un précédent baromètre de juillet 2023.
Autant dire qu'une forte proportion d'entreprises a pris du retard à moins d'un an de l'entrée en vigueur de cette mesure. Initialement prévue en juillet 2024, la concrétisation de la facturation a finalement été repoussée à l'automne 2026, face à l'impréparation et la contestation des entreprises. L'objectif affiché des précédents gouvernements est de lutter contre la fraude à la TVA, d'alléger les démarches administratives et d'avoir plus de lisibilité sur l'activité des entreprises tricolores. Mais plusieurs organisations patronales, à l'instar de la CPME, se sont opposées à cette mesure, dans un communiqué, les obligeant à passer par une plateforme privée. Ce qui mécaniquement va augmenter les coûts pour les entreprises, contrairement à la promesse initiale de les baisser.
Un sujet « pas prioritaire »
Sur l'ensemble des entreprises qui n'ont pas encore mis de plan d'action, 37 % affirment que ce n'est pas « un sujet prioritaire », « le manque de temps » ou encore « des difficultés à démarrer un projet ». Au quotidien, les petites et moyennes entreprises sont confrontées à bien d'autres difficultés à gérer, comme les carnets de commandes dans une conjoncture particulièrement morose sur les plans domestique et international, par exemple.