Capital-risque : « Le marché est dur, mais l’argent est toujours là » (Jean Bourcereau, Ventech)
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Jean Bourcereau, Ventech
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LA TRIBUNE – Les levées de fonds des start-up françaises ont baissé pour la 3è année consécutive. Comment naviguer dans cet environnement plus difficile ?
JEAN BOURCEREAU – Au niveau macroéconomique la situation est complexe, mais il y a toujours des deals, il y a toujours de l’argent à investir, et selon les secteurs d’activité la dynamique n’est pas la même. Je vois tout de même dans l’année qui vient de s’écouler des signes encourageants. L’amorçage reste en bonne santé, la France crée toujours beaucoup de start-up, le marché continue de financer les jeunes pousses avec des tours plus gros.
Notre enjeu est sur le growth [les levées pour financer l'hypercroissance, à au moins 100 millions d'euros, Ndlr]. Il y a une panne car il y a eu très peu d’exits des start-up financées en 2020, 2021, 2022, quand les valorisations ne cessaient d’augmenter, au plus haut de la hype. Nous vivons donc un cycle classique de creux de la vague. Mais cela ne m’inquiète pas, car la fibre entrepreneuriale est intacte. Nous sommes toujours submergés de dossiers.
Dans deux récents rapports, de France Digitale et EY, les investisseurs se plaignent d’une multiplication de projets opportunistes pour surfer sur la vague de l’IA, mais peu attractifs car ces projets seraient sous la menace directe de se faire doubler par les Big Tech. Les start-up d’IA qui ont un avenir sont-elles forcément celles des stars de la recherche type AMI Labs de Yann Le Cun ?
J’entends le discours « les géants de la tech vont ringardiser ce que font les start-up car s’ils mettent les moyens ils développent le même produit plus vite et mieux » depuis 25 ans. Je l’entends à nouveau pour l’IA. Je n’y crois pas. Bien sûr, les Big Tech ont les moyens de ringardiser n’importe quelle start-up ou presque. Mais ils ne le font pas. Il y a toujours de la place pour les plus agiles. L’innovation naît moins dans les grandes structures.
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Aujourd’hui, il est vrai qu’il y a des projets IA à faible valeur, opportunistes peut-être, dans le dealflow. C’est normal, il y a une hype autour de l’IA. Mais il y a aussi beaucoup de projets très intéressants. En tant qu’investisseur, je recherche les start-up qui créent une vraie barrière à l’entrée. Dans l’IA, je pense que la barrière à l’entrée, c’est l’accès à la data propriétaire. Ce que font les fournisseurs de modèles de langage est extraordinaire, mais beaucoup d’entrepreneurs arrivent à être compétitifs avec une équipe restreinte, un capital moindre, mais avec l’accès à des data propriétaires de qualité.