Arianespace : « Notre partenariat avec Amazon contribue au renforcement de l’autonomie stratégique européenne »
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David Cavaillolès, président exécutif d’Arianespace.
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David Cavaillolès, président exécutif d’Arianespace.
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Ariane 6 a lancé et mis en orbite avec succès 32 satellites pour la constellation Amazon Leo ce 12 février. Le patron d’Arianespace David Cavaillolès a dressé le bilan de cette mission pour La Tribune, depuis Kourou, où nous avons pu échanger avec lui.
LA TRIBUNE : Comment avez-vous vécu ce lancement ?
David Cavaillolès : C’était une journée riche en émotions, en tension aussi. Le lancement était très complexe, avec plusieurs phases qui étaient clés. Minute après minute, plus les données nous parvenaient du lanceur, plus nous nous sommes rendu compte que le vol se passait parfaitement. Aujourd’hui, c’est un grand succès. C’est un soulagement, et surtout, c’est une immense joie. Tout ça nous donne une très grande confiance dans l’avenir.
Est-ce que c’est une étape symbolique pour toute l’industrie spatiale européenne ?
Il y avait déjà eu une première étape clef en juillet 2024 quand Ariane 6 a fait son premier vol. Mais il s’agissait du lanceur Ariane 62, avec deux boosters. Aujourd’hui c’est une version très différente, deux fois plus puissante, qui par ailleurs embarquait une mission incroyablement complexe. Et donc c’était loin d’être gagné d’avance. C’est pour moi vraiment un tournant.
Est-ce que nous pouvons espérer, un jour, devenir compétitifs vis-à-vis des Américains ?
La réalité, c’est que nous faisons déjà énormément d’efforts. Ariane 6 a été développée pour être beaucoup moins chère qu’Ariane 5. Et elle l’est. Par ailleurs, plus nous lançons, plus nous apprenons, plus nous allons vite, moins le lanceur est cher à produire. Donc, dans les prochains mois, dans les prochaines années, on va continuer de réduire les coûts. Maintenant, il faut être lucide. Nous sommes sur un marché qui est de plus en plus brutal, de plus en plus compétitif. Alors, bien sûr, nous continuons à travailler sur la compétitivité. Mais avoir un lanceur capable de réaliser une mission comme celle-là, je peux vous dire qu’au niveau mondial, c’est assez rare aujourd’hui.