Avec le vol inaugural réussi d'Ariane 6, l'Europe est enfin de retour dans l'espace
Michel Cabirol au Centre Spatial Guyanais
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Ariane 6 s'est élancée pour la première fois dans le ciel guyanais
ESA
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Ariane 6 s'est élancée pour la première fois dans le ciel guyanais
ESA
Dans la salle Jupiter, le cerveau du Centre spatial guyanais (CSG), il y a eu beaucoup de larmes et de regards embués mais aussi de très nombreux sourires, des poings serrés, de longues étreintes ainsi que des applaudissement nourris quand Ariane 6 a réussi dans la nuit de mardi à mercredi une très grande partie de ses missions. A ce moment-là, la salle Jupiter, où étaient installées une très grande partie des équipes de coordination de l'Agence spatiale européenne (ESA), du CNES et d'ArianeGroup pour piloter le vol inaugural d'Ariane 6 (version 62), était noyée par un déluge d'émotions. Et l'énorme soulagement ressenti était à la hauteur de la terrible pression, qui s'était peu à peu installée dans tous les esprits à mesure que le lancement approchait. Car les équipes, qui s'étaient soudées dans l'adversité, avaient tant souffert ensemble face aux nombreuses critiques justifiées ou pas sur les retards d'Ariane 6 et à la complexité du futur lanceur lourd de l'Europe.
Et les langues se sont alors déliées, révélant crûment tous les enjeux cachés de ce vol inaugural. En cas d'échec, il n'y aurait peut-être pas eu une deuxième chance pour Ariane 6. Ou en tout cas, il y aurait beaucoup de débats sur son avenir. Mais le succès du vol de démonstration a balayé toutes ces craintes et les doutes d'avant lancement pour laisser place à une explosion de joie sincère et primaire des équipes de l'ESA, du CNES et d'ArianeGroup pourtant rompues à cet exercice.
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Ce lanceur modulaire et polyvalent, capable d'atteindre aussi bien l'orbite terrestre basse que l'espace lointain, a pris son envol en effectuant son premier vol depuis le CSG le 9 juillet à 16h00 heure locale (21h00 heure de Paris). Une véritable horloge suisse avec une chronologie parfaite. Ce qui est rarissime pour un premier vol. « C'est un moment historique pour l'ESA et l'Europe », a lancé mardi soir le directeur général de l'ESA Josef Aschbacher. Pour le PDG du CNES si solaire mardi soir, Philippe Baptiste, ce succès marque le retour de l'Europe dans l'espace - « Europe back in space (sic) » -, et notamment de son autonomie en matière d'accès à l'espace. « Ariane is back », s'est pour sa part réjoui Martin Sion, le patron d'ArianeGroup, lui aussi un tantinet ému et soulagé.
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