Les points atypiques, ce sont des lieux avec des "seuils d'attention", des lieux dont les niveaux d'exposition aux champs électromagnétiques dépassent ceux observés en moyenne à l'échelle nationale..
C’est désormais à partir de 9 volts par mètre, et non plus 6, que l’Agence nationale des fréquences interviendra auprès des opérateurs pour faire baisser la puissance d’émission de leurs antennes.
La décision était attendue avant la fin de l’année. L’Agence nationale des fréquences (ANFR) vient de passer, ce 18 décembre, la valeur du seuil des points dits « atypiques » de 6 à 9 volts par mètre. Avec effet à partir du 6 janvier 2026. A première vue, on pourrait croire que la réglementation devient plus permissive concernant la puissance d’émission des antennes du réseau mobile. Mais ce n’est pas le cas.
Ce qui est modifié, c’est le niveau des points atypiques enclenchant une démarche de l’ANFR auprès des opérateurs pour faire baisser la puissance d’émission d’un site. Les points atypiques, ce sont des lieux avec des « seuils d’attention », des lieux dont les niveaux d’exposition aux champs électromagnétiques dépassent ceux observés en moyenne à l’échelle nationale. Mais ces niveaux restent largement en-deçà des valeurs limites pour la santé, qui doivent obligatoirement se situer entre 36 et 61 V/m suivant les bandes de fréquence, d’après les recommandations du Conseil de l’Union européenne du 12 juillet 1999.
Les zones urbaines davantage concernées
Ces points atypiques sont découverts parfois par de simples citoyens demandant à l’Agence de réaliser des mesures chez eux, inquiets de leur exposition à une antenne se trouvant à proximité. Mais la plupart du temps, c’est l’ANFR elle-même qui les débusque en réalisant des simulations, suivies de mesures. Ils ont été au nombre de 74 en 2024.
« Les points atypiques se trouvent généralement en milieu urbain. Le cas classique, c’est un immeuble de 5 étages qui se construit en face d’un autre bâtiment déjà existant de trois étages surmontés d’antennes. Une sorte de conflit d’urbanisme entre le béton et le hertzien », nous explique Gilles Brégant, le directeur général de l’ANFR.
Cela peut aussi concerner des antennes dissimulées dans les faux plafonds des métros souterrains et invisibles aux yeux des usagers. « Elles sont peu puissantes mais proches des gens », indique encore Gilles Brégant. Enfin, le fait de vouloir mutualiser les antennes au même endroit, pour des raisons esthétiques ou d’acceptation sociale, en zone très dense, va concentrer beaucoup de puissance au même endroit et donc plus d’exposition alentour.
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