Pour les réservations effectuées à compter de ce jeudi, les familles qui ne souhaitent pas payer de supplément bénéficieront d'une attribution gratuite des sièges après l'enregistrement.
Sous la pression du régulateur britannique, Ryanair renonce à imposer aux familles le paiement d'un siège réservé pour voyager avec leurs enfants. L'Union européenne s'apprête à imposer la même mesure à l'ensemble des compagnies.
Longtemps défendue bec et ongles par son patron Michael O’Leary, la politique de placement des familles de Ryanair est contrainte de changer. Sous le coup d’une enquête du régulateur britannique de la concurrence, la compagnie irlandaise à bas coûts a annoncé jeudi qu’elle renonçait à imposer aux parents le paiement d’un siège réservé pour garantir qu’ils voyagent aux côtés de leurs enfants.
Le revirement est loin d’être enthousiaste. « Nous nous plierons à contrecœur à cette norme sectorielle, car nous ne voulons pas perdre de temps à expliquer à des régulateurs mal informés à quel point ils se méprennent » sur l’intérêt des consommateurs, a déclaré dans un communiqué le directeur général de Ryanair, Michael O’Leary.
Jusqu’à présent, les conditions de la compagnie imposaient qu’au moins un parent réserve un « siège familial » payant afin d’être assis avec ses enfants âgés de 2 à 11 ans. Un supplément généralement facturé autour de 8 livres sterling par trajet. Une pratique qui a attiré l’attention de la « Competition and Markets Authority » (CMA), l’autorité britannique de la concurrence, laquelle a ouvert une enquête il y a deux semaines pour déterminer si cette clause pouvait être considérée comme abusive.
Attribution gratuite, mais au fond de l’appareil
Pour les réservations effectuées à compter de ce jeudi, les familles qui ne souhaitent pas payer de supplément bénéficieront d’une attribution gratuite des sièges après l’enregistrement. Ryanair prévient toutefois que cette option a un prix implicite : les passagers concernés seront le plus souvent installés à l’arrière de l’avion.
La compagnie souligne en effet que les rangées situées à l’avant sont généralement les premières à être réservées. Les familles désireuses de choisir précisément leurs places et de voyager dans les premiers rangs pourront toujours le faire, mais « moyennant des frais de réservation de siège ».
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Ryanair continue de défendre le bien-fondé de son ancien système. Le transporteur faisait valoir qu’un seul siège payant permettait à un adulte de voyager avec jusqu’à quatre enfants assis à proximité sans frais supplémentaires. Michael O’Leary allait même jusqu’à présenter cette politique comme étant « universellement saluée par les consommateurs comme la plus progressiste et la plus transparente d’Europe ».
Une pression réglementaire croissante
L’affaire illustre toutefois le durcissement du regard des autorités européennes et britanniques sur les revenus annexes des compagnies aériennes. Ces dernières années, les frais additionnels – choix du siège, bagages, embarquement prioritaire ou modifications de réservation – sont devenus un levier essentiel de rentabilité pour les transporteurs à bas coûts.
Or les régulateurs s’interrogent de plus en plus sur certaines pratiques jugées pénalisantes pour les consommateurs, en particulier lorsqu’elles concernent les familles ou des services considérés comme essentiels au voyage.
Cette évolution intervient alors que l’Union européenne s’apprête elle aussi à renforcer les droits des passagers. Le 12 juin dernier, les institutions européennes sont parvenues à un accord politique prévoyant notamment l’interdiction pour les compagnies aériennes de facturer aux parents le fait de voyager à côté de leurs enfants. Le compromis prévoit également la gratuité des corrections d’erreurs de nom commises lors de la réservation, alors que certaines compagnies, dont Ryanair, pouvaient facturer jusqu’à 160 euros pour ce type de modification. Le texte européen doit encore être formellement approuvé avant son entrée en vigueur.