Malgré le lobbying du privé, les LGV Sud-Ouest resteront 100 % publiques

Le projet des LGV Sud-Ouest vise notamment à mettre Toulouse à 1h seulement de Bordeaux.
SNCF Réseau

Le projet des LGV Sud-Ouest vise notamment à mettre Toulouse à 1h seulement de Bordeaux.
SNCF Réseau
Le gouvernement a tranché en faveur d'un financement entièrement public de la ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse, écartant l'hypothèse évoquée ces derniers mois d'un partenariat public-privé (PPP), a indiqué Sébastien Lecornu dans un courrier aux régions concernées, révélé ce mercredi matin par Sud Ouest.
« Vous avez exprimé, avec les collectivités partenaires, votre nette préférence en faveur d'un recours à la conception-réalisation et votre vive opposition aux autres schémas explorés (...) je vous indique que la réalisation du projet passera par un marché de conception-réalisation », écrit le Premier ministre dans sa lettre adressée mardi à Carole Delga, présidente de la région Occitanie, et Alain Rousset, son homologue de Nouvelle-Aquitaine. Un type de marché initialement choisi par la société de projet et le maître d'ouvrage SNCF Réseau.
Le projet de LGV prévoit de relier Bordeaux à Toulouse en deux heures d'ici à 2032. La seconde phase consiste à construire une autre ligne grande vitesse vers Dax pour 2037. Son coût, évalué à 14 milliards d'euros en 2020 mais qui pourrait désormais grimper à 20 milliards, doit être financé à 40% par les collectivités locales, 40% par l'Etat et 20% par l'Union européenne.
La piste d'un PPP était évoquée avec insistance depuis quelques mois, notamment à travers la conférence Ambition France Transports et par le Conseil d'orientation des infrastructures (COI), qui a estimé dans un rapport qu'une hausse de 20% du coût du projet serait « probable » et que « la participation de l'Etat sera(it) difficilement mobilisable à la hauteur et dans le cadre auxquels il s'était pourtant engagé ». Les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine avaient fustigé en janvier l'hypothèse d'un financement en partie privé, estimant qu'il retarderait et renchérirait le chantier.
La semaine dernière, dans les colonnes de La Tribune, le président du conseil départemental des Landes, l'un des financeurs du projet, remettait en cause sa participation dans le cas d'un partenariat avec le privé. « Comment justifier qu’on est prêt à payer 50 % de plus une infrastructure tout simplement pour servir les intérêts de grands groupes privés ? Il n’y a aucune raison rationnelle », fustigeait-il.
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Les niveaux de fréquentation attendus sont moins importants que sur la ligne grande vitesse Tours-Bordeaux, concédée à un consortium privé en 2017, ce qui aurait par ailleurs durci les conditions financières souhaitées par des opérateurs non publics.
Sébastien Lecornu était venu début mai à Toulouse, avec son ministre des Transports Philippe Tabarot, rassurer les partisans de la LGV Sud-Ouest, en martelant le caractère « irréversible » du projet, mais avait laissé ouverte la question du financement en se donnant un mois pour échanger avec les collectivités à ce sujet.
« Le travail et la persévérance des élus du Sud-Ouest pour la LGV Toulouse-Bordeaux-Dax portent leurs fruits ! », s'est réjouie mercredi Mme Delga dans un message posté sur X, évoquant à propos du courrier de M. Lecornu une « victoire décisive ».
« Nous avons défendu avec constance une maîtrise d’ouvrage publique, et nous nous réjouissons qu’elle soit aujourd’hui retenue : c’est la garantie d’un financement public solide, qui évitera les surcoûts importants liés à des montages privés et permettra de tenir un calendrier maîtrisé », a estimé de son côté M. Rousset.
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« Comme je vous l'avais indiqué le 7 mai dernier, les procédures nécessaires (les différents appels d'offres pour les marchés de la LGV, NDLR) seront lancées avant la fin de l'année 2026 », confirme encore le Premier ministre dans son courrier. Les opposants, constitués d'élus, associations environnementales et d'habitants, poursuivent toujours le projet devant les tribunaux en raison de ses impacts sur la biodiversité.