La Tribune – Quelle est l’intensité de la crise actuelle ?
Pascal de Izaguirre – Il s’agit d’une crise majeure, c'est un véritable choc pétrolier. D'abord en raison de l'impact sur l'activité des compagnies aériennes, qui pour certaines ont suspendu des destinations dans des pays où il est désormais interdit de voler. Par ailleurs, il faut parfois opérer des changements, qui génèrent des contournements. Ces nouvelles routes aériennes génèrent un allongement des temps de vol, ce qui au passage constitue une double peine, puisqu'évidemment cela conduit à une consommation de carburant plus importante. D’autant que le conflit a pour conséquence une augmentation très forte des prix du kérosène.
Le prix du kérosène est passé de 750 dollars la tonne avant le conflit à 1 900 dollars la tonne début avril. C’est absolument colossal. Dans le même temps, le prix du Brent n’a augmenté que de 60 % environ. C’est la première fois que l’on constate un tel écart d'évolution entre le pétrole brut et le kérosène. La part du carburant dans les coûts d’exploitation des compagnies aériennes est ainsi passée de 25 à 45 %. On constate, une fois de plus, la très grande dépendance des compagnies aériennes par rapport au prix du kérosène.