À Aytré, commune voisine de La Rochelle, l'effervescence industrielle se prépare et se ressent. Le constructeur ferroviaire Alstom a placé de grandes exigences dans cette usine centenaire qui emploie 1 600 salariés, devenue « centre d'excellence mondial » pour la grande vitesse et le transport urbain sur rail.
La manufacture de Charente-Maritime doit en effet parvenir à doubler sa production d'ici un à deux ans, reflétant les défis de la marque dans le monde, avec un carnet de commandes qui tutoie les 100 milliards d'euros. Les ateliers rochelais devront cracher annuellement jusqu'à 170 tramways de la gamme Citadis et 27 trains Avelia Horizons, la cinquième génération des rames grande vitesse aussi appelée TGV M.
Il ne circule pas encore mais le modèle est la nouvelle star du rail rapide, que s'arrachent la SNCF avec 160 rames commandées dont 30 pour sa filiale Eurostar, l'opérateur public marocain ONCF (18 rames) et le futur concurrent français Velvet (12 rames). Le premier TGV M doit entrer en fonction cette année sur la ligne Paris-Marseille. Alstom a revu son organisation pour honorer les grands volumes.
« En 2027, on ne sera plus très loin d'atteindre la pleine capacité de l'usine », certifie Loïc Le Gorrec. Le directeur des lieux, arrivé en septembre, a accéléré la transformation de ce site s'étendant sur 24 hectares. Nouveauté, trains et tramways disposent chacun de leur propre direction de projet. Preuve qu'il faut désormais pleinement se consacrer à la montée en cadence, car Alstom est attendu au tournant.