Le déficit automobile dépasse celui de l’informatique (10,3 milliards d'euros) ou de la téléphonie (9,3 milliards d'euros). La filière génère 43,5 % du déficit français des produits manufacturés. L’auto devrait dépasser en 2026 les 150 milliards d’euros de déficit cumulé depuis 2019, l’année d’avant-Covid.Un déficit de vingt milliards d’euros en 2025. Tel est le solde de la filière automobile française dans ses échanges avec l’étranger en 2025, d’après les documents des douanes diffusés en début de semaine. L’auto est carrément le secteur le plus déficitaire du commerce extérieur tricolore dans les biens manufacturés, dépassant largement le solde négatif de l’informatique (-10,3 milliards d'euros). Ce déficit ne concerne pas que les véhicules eux-mêmes (-14,4 milliards d'euros), mais aussi les équipements (-5,6 milliards d'euros). Les exportations automobiles tricolores représentent aujourd’hui à peine 8 % des ventes de produits français à l’étranger… contre 13 % en 2000. La filière génère du coup aujourd’hui 29 % du déficit total du commerce extérieur français et 43,5 % de celui des seuls produits manufacturés.
En 2000, la balance auto globale affichait pourtant un large excédent de 9,3 milliards d’euros. En 2004, la meilleure année pour l’automobile tricolore, le solde positif atteignait même 12,3 milliards d'euros. Mais, en 2010, patatras. L’auto enregistrait alors son premier solde négatif (-3,7 milliards d'euros). Même si, à l’époque, seuls les véhicules étaient dans le rouge (-7 milliards d'euros). Au moins les composants demeuraient-ils encore excédentaires (3,3 milliards d'euros). Pas pour longtemps. Depuis, les comptes de la filière sont demeurés obstinément négatifs.
Déficit de 150 milliards d'euros au cumul
Point positif dans ce panorama sombre : le déficit, qui allait croissant d’année en année, se réduit très légèrement depuis deux ans. La raison ? Une production française en petite progression. Stellantis, Renault et Toyota ont en effet globalement fabriqué en France 120 000 véhicules de plus l’an dernier par rapport à 2024, frisant les 1,45 million d’unités selon notre pointage. Grâce essentiellement au succès des Renault 5, Peugeot 3008 et 5008. Mais aussi à l’ajout au catalogue de modèles made in France comme le Renault Scénic électrique et la R4, ainsi qu’à l’accroissement en France de la production d’utilitaires Stellantis, à la suite de la fermeture d’un site britannique.