Stellantis annonce la deuxième perte jamais enregistrée par un groupe français

Le chiffre d'affaires du constructeur automobile a baissé de 2 %, à 153,5 milliards d'euros.
/FW1FP/Nia Williams - REUTERS - Stephanie Lecocq

Le chiffre d'affaires du constructeur automobile a baissé de 2 %, à 153,5 milliards d'euros.
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C'est la deuxième perte la plus importante jamais enregistrée par un groupe français. Stellantis a annoncé jeudi une perte nette de 22,3 milliards d'euros pour 2025. Juste derrière le record de Vivendi (-23,3 milliards d'euros en 2002) mais devant France Télécom (-20,7 milliards en 2002) et EDF (-17,9 milliards en 2022). C'est aussi presque le triple du précédent record pour un groupe automobile français, celui de Renault en 2020 (-8 milliards).
Le chiffre d'affaires du constructeur automobile a baissé de 2 %, à 153,5 milliards, malgré une légère hausse en volume, à 5,48 millions de véhicules (+1 %) contre 5,41 millions en 2024.
Les recettes ont pâti de taux de change défavorables mais aussi d'une politique de baisse des prix au premier semestre, un tournant après la stratégie de prix élevés de l'ancien DG Carlos Tavares. Le groupe a enregistré une perte opérationnelle courante de 842 millions d’euros l'an dernier avec une marge négative de 0,5 %. Il ne distribuera aucun dividende.
Mais surtout, cette perte s'explique par une charge exceptionnelle de 25,4 milliards d'euros. Le groupe avait annoncé le 6 février qu'il allait passer des charges exceptionnelles colossales de 22 milliards d'euros pour le seul second semestre 2025, pour financer un coup de frein dans la production de véhicules électriques, dont les ventes sont très inférieures à ses attentes.
Comme Stellantis, Ford et General Motors ont passé de lourdes charges pour prendre en compte dans leur bilan des ventes de voitures électriques plus faibles aux États-Unis.
Au second semestre 2025, Stellantis a en revanche vu son chiffre d’affaires progresser de 10 % et atteindre 2,8 millions de véhicules, soit une hausse de 11 % en volume, grâce notamment à un rebond de 39 % en volume aux États-Unis.
Le groupe, qui disposait de liquidités industrielles de 46 milliards d’euros fin 2025, a confirmé ses perspectives 2026 d'une amélioration progressive de son chiffre d’affaires net et d'un retour à une marge positive « basse à un chiffre ».
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Les ventes devraient être portées par la montée en puissance de nouveaux modèles, notamment des pick-up thermiques aux États-Unis, avec un niveau de prix stable, en hausse aux États-Unis mais en baisse en Europe.
L'impact pour le groupe des droits de douane américains est estimé à 1,2 milliard pour 2025 et prévu à 1,6 milliard en 2026, estimation que Stellantis a confirmée jeudi malgré la décision de la Cour suprême d'invalider les décisions du président américain Donald Trump.
Stellantis a décidé de revenir à une publication trimestrielle de ses résultats financiers, l'occasion de rassurer des marchés financiers inquiets.
Ces derniers jours, Stellantis a confirmé son revirement dans l'électrique en annonçant son désengagement de plusieurs projets, dont la vente de ses 49 % dans NextStar Energy, qui développe la première « gigafactory » de batteries du Canada, et une sortie envisagée de sa coentreprise avec Samsung, qui devait construire deux gigafactories aux États-Unis.
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Le groupe a aussi annoncé relancer des modèles thermiques aux États-Unis et en Europe, y compris diesel. Des choix qui, selon le groupe, ne sont pas en conflit avec l'innovation et n'impactent pas son engagement pour l'électrification.
(Avec AFP)
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