Le prix des voitures électriques baisse enfin, grâce à la Citroën ë-C3 et la Renault 5

Citroën, Renault, Dacia : la guerre des prix est lancée. L'électrique devient-il vraiment abordable ?
Reuters

Citroën, Renault, Dacia : la guerre des prix est lancée. L'électrique devient-il vraiment abordable ?
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Le prix moyen des véhicules électriques en Europe a reculé de 1 800 euros en 2025, une première depuis quatre ans.
La baisse atteint 13 % sur le segment des citadines grâce aux nouveaux modèles français.
La parité de prix avec le thermique n'est toutefois pas attendue pour tous avant 2030.
Bonne nouvelle, ça baisse ! « Le prix moyen des voitures électriques (VE) vendues dans l’Union européenne a baissé pour la première fois depuis 2020 », explique ce jeudi l’ONG T&E (Transport and Environment). Sa dernière étude pointe une diminution moyenne de « 1 800 euros en 2025 », à un tarif moyen qui reste néanmoins très élevé : « 42 700 euros ». Et ce, après une hausse de « 5 000 euros entre 2020 et 2024 ». La parité du prix à l’achat entre voitures électriques et thermiques est même déjà, d’après l’association, dans les segments de voitures supérieures.
Logique : les prix plus élevés (plus de 55 000 euros pièce environ) permettent aux constructeurs de mieux amortir les surcoûts dans cette catégorie. Le hic, ce créneau supérieur ne représente que 7 % du marché tricolore. Pour les autres catégories, la parité « devrait être atteinte d’ici à 2030, à condition que la baisse des coûts de production soit répercutée sur le prix de vente », affirme le rapport.
La raison essentielle de la diminution constatée l’an dernier ? Le « lancement de nouveaux modèles électriques beaucoup moins chers comme la Citroën ë-C3 et la Renault 5 », note T&E, qui milite pour la voiture électrique. Sur les citadines, les tarifs des modèles neufs zéro émission ont du coup chuté trois fois plus (-13 %) que sur la moyenne du marché. Les constructeurs tricolores sont en pointe. Citroën met ainsi actuellement sur le marché une nouvelle version à petite autonomie de sa ë-C3, laquelle permet d’abaisser le prix catalogue de 3 500 euros à un tarif inférieur à 20 000 euros (version de base, hors bonus).
Même diminution pour la Renault 5 qui, avec une petite motorisation, passe désormais sous la barre des 25 000 euros. Soit 4 000 de moins qu’auparavant ! Et, la semaine prochaine, Renault fera essayer à la presse sa dernière mini-Twingo électrique encore plus abordable : à partir de 19 490 euros au catalogue, soit 15 870 euros avec le bonus gouvernemental « coup de pouce » déduit, voire 14 660 pour un ménage dit modeste selon l’usine à gaz fiscale tricolore qui prévoit des modulations selon les revenus, 13 750 même pour un ménage dit précaire ! Les livraisons de cette Twingo démarreront au printemps. Mieux : en fin d’année, une déclinaison avec une esthétique différente et encore plus attractive (moins de 18 000 euros) arrivera chez Dacia ! Et la filiale à bas prix de Renault devrait industrialiser à terme son quadricyle électrique Hipster à moins de 15 000 euros (tarif catalogue).
Il n’en reste pas moins que les électriques coûtent intrinsèquement encore beaucoup plus cher que les thermiques. Une Dacia Sandero à essence démarre en effet à… 13 290 euros au catalogue, pour une autonomie au moins doublée par rapport à une petite électrique. La première C3 thermique coûte 4 000 euros de moins que la première électrique. Elle est donc 25 % moins chère. Chez Peugeot, une 208 à essence et hybridation légère tarifée 21 740 euros (version de base) sera… 6 200 euros moins chère que l’électrique. Chez Renault, une Clio à essence (115 chevaux) démarre à 19 900 euros, contre 28 490 euros pour une R5 électrique de même puissance !
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Pourquoi un tel écart des prix ? La marge des constructeurs ? Non, car François Provost, directeur général de Renault, reconnaît que la rentabilité des électriques est nettement moindre pour le constructeur que celle des thermiques. Le coût des matières entrant dans un véhicule électrique reste deux fois plus élevé que celui des matières entrant dans un véhicule thermique, selon une étude d’Alix Partners sortie il y a un an. Un « moteur électrique coûte moins cher (1 500 à 1 800 euros avec ses périphériques) qu’un moteur thermique (2 200 à 2 800 euros). En revanche, les batteries pour voitures électriques coûtent 3 500 à 6 000 euros », expliquait alors Alexandre Marian, directeur associé chez Alix Partners. Ces batteries pèsent 35 % de la valeur ajoutée d’un petit modèle dit zéro émission.
La même étude expliquait que les nouvelles batteries LFP, sur lesquelles misent désormais les constructeurs pour les petits véhicules électriques, coûtent en matières premières 2 500 dollars seulement. Soit nettement moins que les véhicules à batteries classiques actuelles. Mais, même avec de telles batteries moins coûteuses, « il n’y a pas de convergence des coûts entre les électriques et les modèles thermiques », prévient Alexandre Marian. Les experts divergent sensiblement sur l’atteinte de cette fameuse parité !
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