Stellantis sonne la fin du télétravail pour ses cadres européens
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Le retour au bureau est une " priorité stratégique " du redressement de Stellantis, explique le constructeur.
/FW1FP/Joe Bavier - REUTERS - Remo Casilli
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Le retour au bureau est une " priorité stratégique " du redressement de Stellantis, explique le constructeur.
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Le constructeur automobile amorce un virage social majeur : les salariés non-productifs du groupe devront progressivement revenir travailler à plein temps sur site, une décision présentée comme essentielle au redressement du groupe.
Après plusieurs années marquées par la généralisation du télétravail, Stellantis opère un virage stratégique. Le constructeur automobile pousse désormais ses salariés en col blanc en Europe à revenir travailler à 100 % sur site. Une décision qui concerne plusieurs dizaines de milliers de collaborateurs et qui s’inscrit dans le cadre du redressement du groupe né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler.
Le groupe veut voir plusieurs dizaines de milliers de salariés revenir travailler progressivement sur site à plein temps d’ici l’an prochain. Ce changement marque un retournement majeur par rapport à l’organisation instaurée depuis la pandémie de Covid-19 : dans plusieurs pays européens, les salariés hors production pouvaient travailler avec une présence physique limitée à un jour et demi par semaine.
Pour Stellantis, ce retour au bureau s’inscrit dans une logique de transformation interne. Le retour au bureau est une « priorité stratégique » du redressement de Stellantis, explique le constructeur, qui précise que la mesure sera appliquée progressivement et adaptée selon les réglementations locales et les capacités d’accueil des sites.
Le mouvement a déjà été enclenché outre-Atlantique. Le constructeur franco-italo-américain a informé ses salariés aux États-Unis qu’ils devront travailler à 100 % en présentiel à compter du 30 mars.
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En Europe, le calendrier sera étalé et différencié selon les pays. Le mouvement commencera en France, en Italie et en Allemagne et « s’étendra progressivement à d’autres pays », selon des supports présentés lors d’un récent comité restreint du comité de groupe européen, ont indiqué deux sources syndicales.
En Allemagne, Stellantis a informé environ 5.400 salariés que le retour à plein temps sur site « tiendra compte des circonstances régionales ». L’objectif est d’adapter la transition aux réalités locales, notamment en matière d’infrastructures et de transport.
En Italie, la trajectoire sera plus progressive. Le constructeur souhaite que 60 % des 8.000 salariés concernés travaillent trois jours par semaine en présentiel d’ici septembre prochain, avant un passage à cinq jours d’ici 2027.
La France constitue également un terrain clé pour ce basculement. Environ 8.500 salariés ont été informés du changement par email le 9 février. Une première étape intermédiaire est prévue : un retour à trois jours de présence par semaine à partir du milieu de l’année, avant une montée en puissance vers le présentiel complet.
Ce changement d’organisation suppose aussi une adaptation immobilière. Depuis la pandémie, de nombreux groupes avaient réduit leurs surfaces de bureaux ou réorganisé leurs espaces autour du travail hybride. Stellantis doit désormais réaugmenter ses capacités d’accueil.
Pour accompagner ce mouvement, le constructeur a notamment rénové un ancien bâtiment à Poissy (Yvelines). Baptisé Hydrae, cet édifice vient agrandir le Green Campus du groupe, inauguré l’an dernier.
Ce réaménagement vise à absorber le retour massif des équipes administratives et d’ingénierie. Le campus, conçu à l’origine pour un fonctionnement hybride, ne disposait finalement pas d’assez de postes de travail pour accueillir l’ensemble des salariés dans la nouvelle configuration.
Au-delà de la seule organisation du travail, la décision traduit une évolution de la doctrine managériale du groupe. Depuis la crise sanitaire, le télétravail s’était imposé comme un standard dans l’industrie automobile pour les fonctions non productives.
En remettant le présentiel au cœur de son fonctionnement, Stellantis rejoint une tendance observée chez plusieurs grands groupes internationaux qui estiment que la collaboration, l’innovation et la rapidité de décision sont plus efficaces lorsque les équipes travaillent physiquement ensemble.
Pour le constructeur, confronté à des difficultés commerciales et à une concurrence accrue dans la transition vers l’électrique, l’enjeu est clair : resserrer les équipes et accélérer l’exécution stratégique. Une transformation organisationnelle qui pourrait toutefois susciter des tensions sociales dans un groupe où le travail hybride s’était largement installé depuis quatre ans.
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