Selon la version actuelle du budget, les versions les plus abordables des citadines pourraient voir leur malus croître de 50 à 100 % l’an prochain. C’est le paradoxe indirect d'une fiscalité calculée sur les seuls rejets de CO2.Tel que prévu par le projet de loi de finances 2026, le malus va s’attaquer aux gros véhicules censément les plus polluants, avec une surtaxe écologique maximale de 80 000 euros l’an prochain, et jusqu’à 100 000 euros en 2028. Mais, plus discrètement, et sans qu’on y prenne garde, le mécanisme pourrait frapper les modèles les plus modestes du marché, si le budget est validé en l'état par l'Assemblée.
Avec l’abaissement des seuils du malus, les petites citadines devraient être proportionnellement très impactées. La moins chère des voitures neuves, la Dacia Sandero proposée de base à 12 990 euros, avec son mini-moteur de 65 chevaux à peine, devrait voir son malus croître de 50 % au 1er janvier à 360 euros. Et ce, selon nos calculs à partir des fiches techniques des véhicules, de leur prix de vente au catalogue et du barème récapitulatif des taxes publié par notre confrère L’Argus. Début 2027, ce malus devrait même bondir à 740 euros, soit 6 % du prix du véhicule (au tarif d’aujourd’hui). Voire 1 172 euros en 2028, à motorisation égale. Si le projet de loi est voté tel quel, bien entendu.
Le malus applicable à la Peugeot 208 la plus démocratique (à 19 140 euros) augmenterait pour sa part, toujours selon nos calculs, de 60 % l’an prochain, à 240 euros. La très récente Citroën C3 (à 15 850 euros) verrait carrément son malus doubler en 2026 à 650 euros. Ainsi, la hausse de ce nouveau malus serait supérieure en pourcentage sur ces petites voitures face aux modèles de gamme moyenne ou haute.
Les versions hybridées s’en sortent mieux
Le malus est en effet calculé sur les rejets de CO2 au kilomètre des voitures. Or, les versions les moins chères des Dacia Sandero, Citroën C3 ou Peugeot 208 sont technologiquement les plus simples, et affichent dans ce domaine des scores moins performants. Ce qui explique leur prix plus bas. Résultat : une Dacia Sandero de 65 chevaux écope d’un malus supérieur de 80 euros à celui d’une version supérieure de 90 chevaux, plus évoluée sur le plan de la motorisation. Le hic : celle-ci coûte 3 000 euros de plus au catalogue.