Les négociations ont débuté entre easyJet et le fonds américain Castlelake, son possible repreneur, après plusieurs rejets de ses offres. La compagnie low cost attise les convoitises, alors que la valeur de ses actifs est sous-estimée par le marché boursier.C’est LA prise de choix du moment. Alors que la course à la taille reste plus que jamais d’actualité au sein d’un secteur aérien européen désireux de tirer ses marges verts le haut, easyJet fait aujourd’hui figure de cible idéale. Raison pour laquelle Castlelake, bien connu dans le financement d’opérations dans l’aérien, est à l’offensive depuis début juin. Et si le fonds américain ne parvient pas à ses fins, d’autres acteurs pourraient sortir du bois. Car la low cost britannique, qui a transporté 93,4 millions de passagers l’an dernier, constitue un véritable trésor à la valeur sous-estimée par le marché boursier.
La ténacité de Castlelake pourrait toutefois s’avérer payante. Bien que le fonds américain ait fait face, pour la 4ème fois consécutive, à un rejet de son offre de rachat de la part d’easyJet jeudi 25 juin, la compagnie low cost britannique – qui ne cesse de rappeler que les offres du fonds sous-évaluent la valeur réelle de l’entreprise – a entrouvert la porte. Celle-ci a accepté d’accorder un accès limité à certaines informations commerciales, invitant Castlelake a réévalué son offre, laquelle est déjà passé de 403 pence à 650 pence par action, soit une valorisation aujourd’hui de 4,93 milliards de livres sterling (5,7 milliards d’euros). Le candidat au rachat a désormais jusqu’au 5 juillet pour revenir à la charge ou se retirer.
Une forte chute du cours de Bourse au printemps
Comment expliquer qu’easyJet soit devenue une proie si désirable ? D’abord parce que son cours de Bourse a chuté lors du déclenchement de la guerre en Iran, de près de 30% entre fin février et la mi-mai, date correspondant à son plus bas niveau depuis le début de l’année. De quoi faire dire à aux dirigeants de la compagnie aérienne que le calendrier de l’offre de Castlelake est « très opportuniste ». Cette forte baisse s’explique par l’explosion des coûts de la compagnie, avec la flambée du prix du kérosène qui commence seulement à refluer.