LGV Bordeaux-Toulouse : le rapporteur public balaie un recours des associations écologistes

L'aménagement ferroviaire au nord de Toulouse pour la LGV Bordeaux-Toulouse
Rémi Benoit

L'aménagement ferroviaire au nord de Toulouse pour la LGV Bordeaux-Toulouse
Rémi Benoit
« Toulouse est la troisième ville de France et la seule métropole qui n'est pas reliée à Paris avec une ligne à grande vitesse », a fait remarquer le rapporteur public ce lundi 15 décembre devant le tribunal administratif de Toulouse.
La juridiction examinait la légalité de l’autorisation environnementale des aménagements ferroviaires au nord de Toulouse, préalables à la construction de la LGV.
D'après SNCF Réseau, environ 25 % de ces aménagements au sud de Bordeaux ont déjà été accomplis avec l'objectif d'une mise en service fin 2031. Une fois cette première tranche de travaux réalisée, il est prévu de lancer en 2028 la construction des deux lignes à grande vitesse reliant Bordeaux à Toulouse, attendues pour 2032 puis à Dax d'ici 2034-2035 au plus tôt.
Le rapporteur public, dont les avis sont souvent suivis par les magistrats, s'est prononcé en faveur d'un rejet des recours déposés par plusieurs associations, dont les Amis de la Terre et France Nature Environnement. « Avec le doublement des voies, le nombre de trains va passer à 114 par jour au nord de Toulouse contre 80 aujourd'hui, soit une hausse de plus de 42 %. Par ailleurs, le temps de transport entre Toulouse et Bordeaux va être divisé par deux », a notamment justifié Antoine Leymarie pour étayer la raison d'intérêt public majeure nécessaire à l'autorisation environnementale.
Pour les promoteurs de la LGV, cette ligne permettrait de gagner plus d’une heure sur le temps de voyage actuel en mettant Toulouse à 1h05 de Bordeaux, contre 2h04 actuellement. La ligne doit relier la ville Rose à Paris en 3 heures 10 contre 4 heures 23 aujourd'hui.
Le rapporteur public a aussi souligné l'absence de solution alternative. Un point de vue contesté par les requérants. Les associations écologistes considèrent qu'une alternative existe en modernisant le réseau pour augmenter la desserte de trains régionaux. « Il existe désormais des rames capables d'accueillir plus de 1 000 passagers. Le réseau de fret ferroviaire est également sous-utilisé », a fait valoir maître Barrère, avocate des Amis de la Terre. Cette dernière a demandé de rouvrir l'instruction pour prendre en compte la grille horaire comparative fournie par l'association.
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Pour sa part, SNCF Réseau met en avant que la RIPM se justifie au vu de l'explosion attendue du trafic routier aux abords de Toulouse « qui va augmenter de 160% d'ici à 2030, augmentant le temps de transport », sous l'impact de « la croissance démographique ». Le gestionnaire d'infrastructure ferroviaire français estime que « 150 000 tonnes de CO2 seront évitées par an grâce au TGV et aux trains régionaux ». La décision a été mise en délibéré par le tribunal.
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