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Une LGV publique ou privée ? Dans le Sud-Ouest, les opposants se font entendre avant l'arbitrage

Photo de Maxime Giraudeau

Maxime Giraudeau

Publié le 05 juin 2026 à 14:22

Au sud de Bordeaux, les aménagements ferroviaires lancés doivent ouvrir la voie à la LGV vers Toulouse.

Au sud de Bordeaux, les aménagements ferroviaires lancés doivent ouvrir la voie à la LGV vers Toulouse.

MG / La Tribune

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L’État doit trancher sur le modèle de financement de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse. L'occasion pour les opposants de redire leur hostilité sur les territoires mis à contribution.

Parlementaires ou maires, pour eux c'est toujours non. 70 élus de Nouvelle-Aquitaine et d'Occitanie ont cosigné une tribune transpartisane pour réaffirmer l'opposition territoriale aux projets de LGV dans le Sud-Ouest. Le texte entend ramener « les rêveurs à la réalité » en s'appuyant sur le rapport du Conseil d'orientation des infrastructures (COI), qui encourage à reconsidérer le modèle de financement de la ligne de 220 kilomètres à construire entre Bordeaux et Toulouse.

« En l’état, le COI émet des réserves quant à son utilité réelle et elle n’apparaît pas comme une infrastructure prioritaire », interprètent les élus de communes rurales situées à moins d'une heure des futures gares et dont les contribuables payent une taxe spéciale d'équipement. « Rien n'est irréversible », tonne Loïc Prud'homme, député LFI de Gironde et fer de lance du pôle parlementaire opposé au projet. « On continue à se battre pour dire que ce projet ne se fera pas. La régénération est la priorité numéro 1 avant que tout ne s'effondre », défend-il.

Les derniers soubresauts autour du projet n'ont pas calmé leur animosité. Car la frugalité budgétaire de l’État et la tenue de la conférence Ambition France Transports ont ouvert la porte à un partenariat public-privé pour financer l'infrastructure. 

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Renégociations...

Dans le même temps, l'inflation a aussi changé la donne. Pour ériger Bordeaux-Toulouse puis son pendant vers Dax, l'enveloppe globale est passée de 14 à 20 milliards. Elle pourrait même s'envoler à 27 milliards si le privé entre dans la danse selon des estimations. « La baisse des financements couplée à l’explosion du budget prévisionnel rendent ainsi ce projet infinançable, les collectivités ne pouvant pas assumer seules le poids des investissements nécessaires », clame le front anti-grande vitesse. Au côté de l’État, 24 collectivités se sont engagées sur 40 ans en vertu d'un plan de financement signé en 2022. Beaucoup le jugent désormais obsolète.

Car au-delà de l'inflammation budgétaire, l'arrivée de géants du BTP et de fonds d'investissement pourrait tout remettre à plat. Taux d'intérêts revus à la hausse, exigences de rendement financier, mode d'exploitation de la ligne nouvelle : les conditions ne seront plus les mêmes. De quoi amener certains financeurs publics à s'interroger sur leur participation ? Pour l'heure, la société de projet fait en tout cas tout pour éviter le recours au privé.

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...et fréquentations

L’État, lui, pourrait s'accommoder de l'argent privé pour atténuer l'impact sur ses finances. Mais le partenariat public-privé appliqué à l'époque sur la ligne nouvelle Tours-Bordeaux ne paraît pas forcément réplicable sur Bordeaux-Toulouse. « Il s'agirait déjà de se demander s'il y a une rentabilité possible pour le privé au vu des fréquentations estimées. Elles sont bien moindres que sur l'axe Paris-Bordeaux », appuie Loïc Prud'homme.

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Maxime Giraudeau

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