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LGV Bordeaux-Toulouse : la méthode de la SNCF critiquée par l’Autorité environnementale

Photo de Maxime Giraudeau

Maxime Giraudeau

Publié le 26 septembre 2025 à 08:28 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 21:02

840 ouvrages de réduction de l’impact environnemental sont positionnés sur les 300 kilomètres de la LGV Tours-Bordeaux mise en service en 2017.

840 ouvrages de réduction de l’impact environnemental sont positionnés sur les 300 kilomètres de la LGV Tours-Bordeaux mise en service en 2017.

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D’ordinaire généreuse en compliments sur la qualité du travail d’étude de SNCF Réseau, l’Autorité environnementale se montre cette fois plus circonstanciée. Le comité juge « incomplète » l’étude d’impact portant sur les opérations préalables aux travaux de la future ligne à grande vitesse entre les deux capitales du Sud-Ouest.

Une étude « bien structurée et agréablement présentée » mais « incomplète et trop qualitative. » La SNCF aurait-elle mis le paquet sur la forme au détriment du fond ? Dans son avis rendu ce 25 septembre, l’Autorité environnementale, instance consultative et indépendante, souligne les lacunes du maître d’ouvrage ferroviaire.

Le dossier analysé porte sur la demande d’autorisation environnementale relative aux premiers travaux exploratoires entre Bordeaux et Toulouse, où 220 kilomètres de ligne à grande vitesse pourraient voir le jour d’ici le début des années 2030.

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Avant de poser les rails de ce projet vieux de trois décennies, SNCF Réseau doit effectuer des sondages géotechniques, diagnostics d’archéologie et défrichages. Des premières opérations sans commune mesure avec le cœur du chantier ferroviaire, mais qui ont déjà un impact sur l’environnement.

Or, l’Autorité estime que l’entreprise publique ne s’attache pas assez à la règle cardinale de tout projet d’aménagement : éviter les impacts, réduire ceux qu’on ne peut pas éviter et compenser le reste, la fameuse séquence ERC. « Les mesures sont insuffisamment précisées et justifiées […]. L’évitement est trop minoritaire, la réduction repose beaucoup sur la rigueur des mesures prises en phase de chantier et la compensation est partielle », constatent les experts.

Manque de justification des impacts

Fait étonnant, les zones d’investigations n’ont pas encore été géographiquement définies par le porteur de projet. Pourtant, 6 000 sondages dans le sol doivent être menés pour s’assurer qu’aucun élément archéologique remarquable ou difficulté géologique n’entrave la marche de la future LGV. Ces sondages consistent à creuser la terre sur une vingtaine de mètres de long, trois de large jusqu’à quatre de profondeur. SNCF Réseau a en réalité déjà procédé à 1 300 sondages du genre l’an dernier.

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Habituée à des études d’impact plus fournies avec l’entreprise ferroviaire, l’Autorité environnementale adresse un avertissement. « La volonté [est] claire du maître d’ouvrage de mobiliser des outils de suivi environnemental et de rechercher un gain écologique net : cela constitue des bases positives pour la suite du projet, à condition que la démarche soit renforcée dès cette première étape », prévient l’Autorité, qui recommande par ailleurs de « reconsidérer la méthode d’évaluation afin de caractériser les incidences brutes […] pour permettre un calcul plus crédible de la dette écologique et un dimensionnement cohérent des mesures compensatoire ».

Projet à 14 milliards d’euros

SNCF Réseau de son côté indique qu’il « apportera un complément comme le prévoit la réglementation, dans un mémoire qui sera intégré au dossier d’autorisation environnementale », avec une attention particulière pour « renforcer la démarche éviter-réduire-compenser ». De son côté, l’État indique prendre acte des remarques et veiller à ce que la SNCF les prenne en compte.

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Plus que les exigences environnementales, ce sont les contraintes budgétaires qui font planer l’incertitude sur la réalisation du projet chiffré, en 2021, à 14 milliards d’euros. Une somme qui englobe la réalisation des deux lignes Bordeaux-Toulouse, annoncée pour 2032, et Bordeaux-Dax, pour 2037. La justice administrative doit prochainement rendre un avis sur la suspension des premiers travaux au nord de Toulouse réclamée par des associations environnementales.

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Maxime Giraudeau

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