Mitt Romney remporte le caucus de l'Iowa pour 8 voix

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Au bout du suspense, l'ancien gouverneur du Massachusetts, favori des sondages pour décrocher l'investiture républicaine, devance Rick Santorum de huit voix. Ron Paul arrive à la troisième place. Cinquième, Rick Perry va réévaluer sa candidature.

Il aura fallu attendre le tout dernier bureau de vote pour connaître le vainqueur du caucus de l'Iowa, qui marque le début des primaires pour l'investiture républicaine. Jamais dans toute l'histoire, une primaire n'avait été aussi serrée. Au final, Mitt Romney devance Rick Santorum de 8 voix alors que près de 125.000 votants se sont déplacés. Favori des sondages pour décrocher le droit d'affronter Barack Obama en novembre prochain, Mitt Romney confirme donc son statut. Toujours en tête au niveau national, il devrait en outre très nettement s'imposer la semaine prochaine dans le New Hampshire, deuxième Etat à voter. Il faut cependant souligner que l'ancien gouverneur du Massachusetts a seulement recueilli le même nombre de voix qu'en 2008 dans l'Iowa, signe qu'il ne suscite pas un véritable engouement au sein des militants républicains.

Pour Rick Santorum cette deuxième place était totalement inenvisageable il y a encore deux semaines, mais l'ancien sénateur de Pennsylvanie a enregistré un percée fulgurante à l'approche du scrutin. Reste maintenant à savoir si cette dynamique positive va se poursuivre. Dans l'Iowa, il évoluait sur un terrain favorable, où son discours basé sur les valeurs et sur la famille a été plébiscité par les évangélistes. Cette percée ne s'est pas encore confirmée dans le New Hampshire, prochain Etat à voter, et au niveau national. Mais avec cette victoire, il pourrait concentrer sur son nom l'ensemble des électeurs sociaux-conservateurs, prenant des voix à Michele Bachmann, Rick Perry voire Newt Gingrich. Les dons devraient également affluer ces prochains jours. Mais cette courte défaite pourrait aussi bien ressembler à la victoire de Mike Huckabee en 2008, qui n'avait pas confirmé après avoir remporté ce premier caucus.

En finissant troisième, avec 21% des voix, Ron Paul a raté son pari et se retrouve ainsi fragilisé avant d'aborder la primaire du New Hampshire. Ses partisans pourront rappeler qu'il n'avait recueilli que 10% des votes il y a quatre ans. Mais le libertarien espérait bien l'emporter ce mardi. Il a été l'un des candidats les plus dépensiers dans l'Iowa, multipliant notamment les attaques contre Newt Gingrich. L'ancien président de la Chambre des représentants en a fait les frais, alors qu'il était en tête des sondages il y a encore quelques semaines. Mais il limite toutefois les dégâts, recueillant 13% des voix. Il va maintenant devoir se concentrer sur les primaires de Caroline du Sud et de Floride, qui se dérouleront fin janvier. Au niveau national, il reste au coude-à-coude avec Mitt Romney (avec 23% d'intentions de votes contre 24% pour son adversaire).

En revanche, Rick Perry et Michele Bachmann sont les grands perdants de la soirée. Le premier arrive en cinquième position, avec seulement 10% des votes. Le gouverneur du Texas avait pourtant dépensé plus de 6 millions de dollars dans l'Iowa pour tenter de relancer une campagne en perte de vitesse. Il a expliqué après ce résultat qu'il allait réévaluer sa candidature. S'il décide de poursuivre, un mauvais résultat dans le New Hampshire et surtout en Caroline du Sud le pousserait certainement à abandonner. Une décision que pourrait également prendre Michele Bachmann. En août, la représentante du Minnesota était arrivée en tête au cours du "straw poll" (consultation test) de l'Iowa. Mardi, elle n'a recueilli que 5% des voix. Selon les médias américains, ses équipes de campagne lui aurait conseillé de se retirer après ce cuisant échec. Elle pourrait dès lors apporter son soutien à Rick Santorum, estiment-ils.

Le caucus de l'Iowa n'est que la première étape d'un long processus qui prendra fin avec la convention républicaine du 27 au 30 août à Tampa Bay (Floride). Comme l'élection présidentielle, les primaires sont un scrutin indirect : dans chaque État, le vote des électeurs sert à désigner des délégués favorables à un candidat. Leur nombre varie selon la taille et l'implantation du Parti républicain dans l'État. La Californie enverra ainsi 175 délégués à la convention et le Texas 155, contre seulement 28 pour l'Iowa. Ils seront au total 2.286 à voter pour désigner officiellement le candidat républicain. Les délégués peuvent être intégralement attribués au vainqueur ("winner takes all") ou répartis à la proportionnelle. Le New Hampshire sera le deuxième État à voter le 10 janvier, suivi de la Caroline du Sud (21 janvier) et de la Floride (31 janvier). Le calendrier s'accélérera nettement au mois de mars, avec notamment le "super tuesday" du 6 mars, qui verra dix États se prononcer.

L'Iowa n'est cependant pas un premier rendez-vous à négliger. Il y a quatre ans certes, John McCain avait fait l'impasse sur ce petit État du Midwest américain. Mais, depuis 1976, son vainqueur a remporté l'investiture républicaine une fois sur deux (hors président sortant). En cas de mauvais scores ce mardi, Newt Gingrich et Michele Bachmann pourraient être tentés de se retirer de la course. Pour les autres, hormis Jon Huntsman qui se concentre entièrement sur le New Hampshire, ce scrutin est un moyen de gagner le "momentum", un élan indispensable pour la suite. En 2008, Barack Obama y avait effectué son premier pas vers la Maison-Blanche. L'important n'est pas forcément de gagner - les résultats pourraient d'ailleurs être extrêmement serrés - mais de bien figurer, afin de préserver son image de présidentiable. Plus rural, plus religieux, plus conservateur et moins diversifié ethniquement, l'Iowa n'est pas vraiment représentatif des États-Unis. Mais il donne le tempo de l'élection présidentielle.

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a écrit le 04/01/2012 à 13:05 :
Les rumeurs de fraude semblent confirmées: Ron Paul, seul candidat indépendant des lobbys, donné deuxième par tous les sondages, se retrouve affaibli car dépassé par un candidat jusque là marginal mais dont tous les grands médias annonçaient pourtant l?émergence. Décidément, quel talent ces journalistes américains, capables de prévoir un tel miracle pour un candidat dont le score restait cantonné sous la barre des 15% et qui peinait à rassembler plus de 100 personnes dans ses meetings, même Mme Soleil n'aurait pas fait mieux!
Réponse de le 04/01/2012 à 14:29 :
on va pas pleurer sur ron paul.il fait partie du parti républicain donc du jeu.donc il sait qu'il ne sera pas élu
Réponse de le 04/01/2012 à 14:47 :
C'est sans doute pour cela que les médias américains l'ignorent superbement.
a écrit le 04/01/2012 à 12:17 :
Tiens ? Pas d'émotion journalistique sur les fraudes électorales aux Etats-Unis ?
Comme c'est étrange !
Réponse de le 04/01/2012 à 12:47 :
8 voix c'est convainquant ,non?que fait l'onu?envoyons des observateurs dans les bureaux de vote us
a écrit le 04/01/2012 à 11:31 :
Avec des votes électroniques, moi aussi je veux être présidents
a écrit le 04/01/2012 à 10:49 :
Ca a l'air d'être le moins pire...parmis les républicains j'entends !
Réponse de le 04/01/2012 à 11:22 :
Surtout c'est le candidat sponsorisé par Wall-Street, il est donc surprenant que les américains votent pour lui (mais bon, ils ont déjà voté deux fois pour Bush et nous pour Sarkozy).
Réponse de le 04/01/2012 à 12:54 :
Je trouve la perception de Candide sur cette triste réalité tout a fait juste .
...........Alors inconsistance , fatalisme , ou votes truqués ?

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