Ron Paul pas loin de créer la sensation dans l'Iowa

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Fort du support inconditionnel de ses partisans, le libertarien semble aujourd'hui bien placé pour remporter le caucus de l'Iowa. Mais cette victoire pourrait rester sans lendemain.

S'il y a bien un point sur lequel Ron Paul fait l'unanimité, c'est qu'il détonne dans le camp républicain. Pour le reste, ou presque, le représentant du Texas suscite autant d'enthousiasme que de mépris auprès des sympathisants républicains. Ignoré par les cadres du parti et aussi par certains médias, il peut en revanche compter sur des supporters plus présents et déterminés que ceux de tous ses adversaires.

Et voila que le miracle semble aujourd'hui possible: à trois semaines du caucus de l'Iowa, Ron Paul, le libertarien que personne ne redoutait, est en position idéale pour s'y imposer. Et ainsi créer la première sensation des primaires républicaines. Selon un dernier sondage réalisé par l'institut Public Policy Polling, le Texan recueille 21% des intentions de votes dans cet Etat, seulement un point derrière Newt Gingrich. Il bénéfice surtout d'une dynamique porteuse, quand son principal adversaire semble souffrir des nombreuses campagnes de publicité négatives dont il est la cible - notamment venant du camp Paul.

Cette potentielle victoire serait cependant à relativiser. Et peut-être sans lendemain. Car dans l'Iowa, Etat conservateur du midwest américain, Ron Paul évolue sur un terrain favorable. Il aura plus de mal à convaincre ailleurs, à commencer par le New Hampshire, deuxième Etat à voter pour les primaires (10 janvier). Le libertarien y paiera surtout ses positions controversées dans le camp républicain, notamment sur le 11 septembre, sur les guerres en Afghanistan et en Irak, sur le mariage homosexuel ou sur la peine de mort.

Pour ses partisans, Ron Paul c'est avant tout un candidat en dehors du système "corrompu" de Washington. Un homme politique aux positions sans compromission, non dictées par les lobbies. C'est également le candidat de la Constitution américaine, des pères fondateurs, des libertés individuelles, d'un Etat limité à ses fonctions régaliennes et d'une politique étrangère non-interventionniste. Il propose notamment de couper les dépenses publiques de 1.000 milliards de dollars dès 2013, en supprimant cinq ministères (éducation, énergie, commerce, intérieur et aménagement du territoire). Un projet extrême - voir impossible à mettre en place - mais qui séduit.

L'autre cheval de bataille de Ron Paul, c'est la Réserve fédérale, la banque centrale américaine. Là aussi, c'est un thème en vogue au sein de l'électorat républicain - mais pas seulement, ses positions étant soutenues bien au-delà des frontières américaines. Contrairement aux autres candidats, il ne réclame pas seulement la démission de Ben Bernanke, son président. Il veut tout simplement supprimer cette institution. "Rien de bon ne peut provenir de la Réserve fédérale", écrivait-il en 2009 dans un livre intitulé "End of the Fed".

Invoquant Thomas Jefferson ou encore Friedrich Hayek, son maître à penser, il cherchait alors à démontrer l'incapacité et l'inefficacité des banques centrales, responsables selon lui de la crise financière en ayant manipulé les taux d'intérêt, et ainsi altéré le libre fonctionnement du marché. À la Chambre des représentants, il a défendu, en vain, une proposition de loi devant déboucher sur un audit sans précédent des comptes de l'institution.

Fort du support inconditionnel de ses partisans, Ron Paul, dit-on, envisagerait de se présenter en tant que candidat indépendant en novembre 2012 - hormis, bien sûr s'il remporte la primaire, scénario aujourd'hui peu envisageable. Glenn Beck, un ancien présentateur vedette de Fox News et l'un des pères du mouvement du "Tea Party", milite en tout cas pour cette solution si Newt Gingrich devait être l'opposant républicain de Barack Obama.

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a écrit le 16/12/2011 à 1:32 :
Ron Paul n'est pas isolationniste contrairement a se qui est dit dans le texte mais non-interventionniste, la différence est de taille (mais je vous pardonne même la plus part des américains pense cela aussi, sans doute un coup bas des Mainstream media, volontaire ou non), il est pour la fin des guerres inutile (et même nuisible financièrement et socialement: crée le terrorisme) selon lui, mais il a voté aussi a l'époque pour l'envoie de troupe en Afghanistan. le Dr No ne dit pas toujours no comme un isolationniste de principe donc, or il est un homme de principe, mais il n'a pas ce principe-là qui n'est pas cohérent avec ces vrais principes de liberté, mais pour lui n'y a pas d'arbitrage à faire entre la sécurité et la liberté, le problème de Paul c'est que son message ne peut pas être réduit a un basique "Change" ou bien "Ensemble tout est possible", il faut connaitre la philosophie de la liberté pour comprendre toute la cohérence de son discours.
Réponse de le 16/12/2011 à 4:40 :
Vous avez raison. Je corrige.
a écrit le 16/12/2011 à 0:54 :
Ron Paul est le seul candidat à faire une politique saine. Il a toujours voter en fonction de ces convictions et non en fonctions des lobbies X ou Y. Lorsque l'on voit les dettes accumulés par l'état américain ces dernières années on comprends que sa politique que vous désignez d'extrême est en réalité une politique de raison qui mets fin au capitalisme de connivence que l'on subit actuellement en Europe comme aux USA.
http://www.facebook.com/pages/France-for-Ron-Paul-2012/185296108184159
a écrit le 15/12/2011 à 14:00 :
2012 l'année de rêve: un libertarian isolationniste aux commandes des USA pour faire le ménage, une grande bretagne qui sort victorieuse de la crise europeene où tous les autres puissances continentales se sont enfoncées tête la première; ce sera un monde bien différent mais au moins les politiques irresponsables et corrompus seront sanctionnées et avec un peu de chances le modèle démocratique actuel évoluera vers un peu plus de bon sens et un peu moins d'Etat. Vive les marchés!
a écrit le 15/12/2011 à 11:49 :
Cet article laisse entendre que Ron Paul serait en difficulté dans le New Hampshire, or c'est très loin d'être le cas. Il y est en effet actuellement entre 15 et 20 %, au coude à coude avec Gingrich, derrière Romney bien sûr du fait de son implantation politique voisine (étant ancien gouverneur du Massachusetts).
Réponse de le 15/12/2011 à 12:54 :
Un dernier sondage (publié aujourd'hui) le crédite de 8% des intentions de vote. Il est loin derrière Romney et aussi devancé par Gingrich et Huntsman. Même s'il bénéfice d'une dynamique plutôt favorable dans cet Etat, il aura plus de mal à y percer que dans l'Iowa.
Réponse de le 15/12/2011 à 13:30 :
C'est un choix partial, puisque ce sondage est à contre-courant des tendances observées partout ailleurs.
Consultez cette page qui récapitule les tendances observées dans l'ensemble des sondages : http://www.realclearpolitics.com/epolls/2012/president/nh/new_hampshire_republican_presidential_primary-1581.html
Réponse de le 15/12/2011 à 14:45 :
Oui, j'ai bien connaissance d'autres sondages plus favorables. Mais cela ne change pas ma démonstration: Ron Paul aura plus de mal face à Romney et Gingrich dans des Etats considérés comme plus modérés (comme le New Hampshire) que dans les Etats plus conservateurs (comme l'Iowa).
Réponse de le 15/12/2011 à 16:10 :
Sans vouloir être désobligeant, les informations que vous rapportez se rapprochent plus d'une sorte de panurgisme médiatique que d'une démonstration.

Les faits sont qu'aujourd'hui, la moyenne des sondages donne Ron Paul à 16,0% dans le New Hampshire, et à 16,7% dans l'Iowa. Cela suffit à contredire votre affirmation selon laquelle ces 2 états auraient de considérables différences d'opinion à l'égard de Ron Paul. C'est davantage la forte implantation locale de Romney dans le NH qui empêchera probablement Ron Paul d'y remporter la mise.

Par ailleurs, je vous rapelle que le motto du New Hampshire et "Live Free or die", que cet état est celui que les libertariens du Free State Project ont choisi en 2003, et enfin que Pat Buchanan (proche à bien des égards de Ron Paul) y a gagné la primaire républicaine de 1996, alors qu'il l'avait perdu dans l'Iowa. J'éviterais donc à votre place de répéter les affirmations dont de nombreux commentateurs politiques américains nous affligent dans l'espoir de minimiser la vague de fond qui porte aujourd'hui Ron Paul.

Enfin, j'attire votre attention sur les faits que Ron Paul est soutenu par de nombreux démocrates déçus par Obama et qu'ill est particulièrement populaire chez les indépendants : on ne peut en conséquence corréler le soutien apporté à sa candidature avec le degré de conservatisme d'un état, les choses sont bien plus complexes.

Les liberaux (que l'on appelle libertariens aux USA) ont des positions transversales sur bien des sujets, ce qui devrait vous inciter à la prudence quant à la sociologie de son électorat, et aux prévisions que l'on peut être tenté d'en déduire. L'issue de la primaire américaine dépendra essentiellement pour Ron Paul de sa capacité à apparaître crédible alors qu'il est décrédibilisé en permanence par l'establishment.
Réponse de le 15/12/2011 à 16:53 :
On verra bien. Je pense personnellement qu'il remportera l'Iowa (avec bien plus que cette moyenne de 16,7%) mais qu'il finira 3ème ou 4ème dans le NH. Il pourra remporter certains Etats mais sera distancé dans beaucoup d'autres. Et il ne pourra pas vraiment compter sur d'éventuelles désistements pour bénéficier d'un reversement des voix. Son électorat est bien entendu très varié et je ne le résume pas aux conservateurs. D'ailleurs, il paiera certainement certaines de ses positions auprès de ces derniers. Le mot "conservateur" dans mon message précédent n'est pas approprié.
Réponse de le 15/12/2011 à 20:20 :
Nous verrons en effet ! Je prévois quant à moi Ron Paul en 1ère place en Iowa et une 2ème place proche de la 1ère au NH. Pour le reste des USA, l'opinion aujourd'hui est plus dictée par l'image que projette les médias que par une véritable conviction. Si Ron Paul, gagne l'Iowa et fait trés bonne figure au NH, alors on peut atteindre un point de bascule et Ron Paul peut réellement accrocher la nomination. Les tenants du status quo tenteront naturellement de minimiser la portée de ces bons résultats en les faisant passer pour des anomalies sans signification nationale, mais il sera déjà plus difficile de nier l'existence de Ron Paul comme cela a parfois été le cas et cette exposition nouvelle peut faire des étincelles. Affaire à suivre donc. Merci en tout cas pour vos réponses et votre suivi des réactions à vos articles.
a écrit le 15/12/2011 à 9:58 :
Au début Ron Paul n'avait aucune chance, mais ses concurrents sont tellement lamentables que un à un ils sont éliminés. Malheureusement Ron Paul ne sera jamais élu puisque il veut s'attaquer à la FED, c'est pourquoi les médias le boudent. Le dernier qui s'est attaqué réellement à la FED est JFK et cela n'a pas duré plus d'une semaine (avec la fin que l'on connait) ! Je rappelle pour ceux qui ne savent pas que la FED est une banque privée. Les américains payent depuis 1913 leur dime à la FED comme nous depuis 1973 nous ne pouvons plus emprunter à notre banque centrale (publique elle) et payer les banques privés les intérêts de nos dettes.
a écrit le 15/12/2011 à 9:08 :
Bravo Ron Paul, j'ai confiance en vous car vos valeurs sont les miennes. vive le libéralisme humaniste !!!!
Réponse de le 15/12/2011 à 17:16 :
les deux mots ne vont pas ensemble...
Réponse de le 15/12/2011 à 22:37 :
si si les deux mots vont très très bien ensemble justement. Et ça vous dérange profondément car la vraie révolution est là
Réponse de le 16/12/2011 à 1:27 :
@Greg le Prolétaire.

Non seulement ces deux mots vont ensemble mais ils vont même parfaitement ensemble.
N'écoutez pas ce que les média disent du libéralisme et renseignez vous sur ce qu'il est vraiment et pourquoi il est une vraie solution.

La blogosphère libérale vous renseignera fort bien sur le sujet et vous verrez comme la vision que donne les média du libéralisme est fausse
Réponse de le 16/12/2011 à 1:36 :
"libéralisme humaniste" est un truisme.
Réponse de le 16/12/2011 à 4:30 :
pas besoin de joindre les deux mots.la france a besoin de plus de vrai libéralisme,pas le libéralisme de connivence que l'on connait aujourd'hui.et on a toujours besoin de plus d'humanisme(moins d'enarques et de polytechniciens au pouvoir)
a écrit le 15/12/2011 à 7:42 :
Ron Paul est de loin leméilleur candidat possible pour un renouveau de l'Amérique et la fin du crony-capitalisme actuel.
Ce qui explique pourquoi il est plus que boudé par les médias dominants.
Cet esprit libre et brillant est ancré dans le réel, ce que demandent de plus en plus d'américains qui s'aperçoivent que tous les politiciens corrompus de Washington ne les sortiront jamais de l'ornière.
Réponse de le 15/12/2011 à 9:23 :
D'accord avec vous, Ron Paul est le seul candidat "honnête". Je suppose que 99% des lecteurs ignorent que la FED n'est PAS une institution gouvernementale, mais une organisation strictement privée créée par les plus grandes banques mondiales: c'est l'argent qui domine ce monde, sans distinction de frontières...Ce qui explique que R.Paul n'a pas le soutien des medias, et donc peu de chances d'obtenir l'investiture.
Réponse de le 16/12/2011 à 1:41 :
Qu'elle soit privé ou pas cela vient au même elle est marier avec l'Etat, ce n'est plus une entreprise, mais un satellite de l'Etat et de sa puissance coercitive. Le plus important dans l'histoire est de remettre l'étalon-or (celui d'avant 1914, qui a hésité depuis plus de 2000 ans sans crise monétaire)
Réponse de le 16/12/2011 à 23:42 :
Non, la Fed n'est pas 'strictement privée' :
http://www.contrepoints.org/2011/08/06/38724-%C2%AB-la-fed-est-une-banque-privee-%C2%BB
En résumé, les capitaux des Fed régionales sont privés mais les dirigeants sont nommés par le Président et le Sénat. C'est donc bien ces derniers qui la dirigent.
a écrit le 15/12/2011 à 6:33 :
il oublie de dire que si la banque centrale est supprimee, c'est les politicards qui recuperent la politique monetaire; bonjour le corporatisme ( et la, l'or et le petrole vont atteindre des sommets...)
Réponse de le 15/12/2011 à 7:46 :
Oui, mais que dire quand on sait par exemple que le congrès n'est pas soumis aux mêmes lois que le commun des mortels sur le délit d'initié? Vous pensez qu'il est possible de faire pire que le clientèlisme actuel à Washington?
Par ailleurs votre remarque n'a de sens que si la politique menée est keynésienne et clientèliste, ce qui ne sera certainement pas le cas de celle d'un Ron Paul.
Réponse de le 15/12/2011 à 11:59 :
Ron Paul est favorable à la fois au retour à l'étalon-or et à l'abolition de la réserve fédérale parce que, précisément, les monnaies papiers sont manipulables par les institutions étatiques ou para-étatiques.
Dans un environnement tel que Ron Paul le souhaite, il n'y a plus de politique monétaire mais on laisse simplement le marché faire ce qu'il fait le mieux : donner un prix à toute chose, y compris à la monnaie elle-même.
Réponse de le 15/12/2011 à 17:18 :
C'est fou comme le retour en arrière est toujours présenté comme l'avenir par les libéraux. Tout ça manque de culture historique...
Réponse de le 15/12/2011 à 20:06 :
Tout retour n'est pas un recul... à moins d'être un illuminé du progressisme ! En l'occurrence, les banques actuelles, parfaites illustrations du capitalisme de connivence avec l'état, souffriraient durement de la fin du système monétaire papier et réserve fractionnaire ; le reste de la population pourrait quant à elle se féliciter de la moindre fragilité systémique, de la moindre dépréciation monétaire et d'une allocation des ressources évitant les bulles et les dégâts humains et économiques que leur développement et leur éclatement provoquent. Quant au manque de culture historique dont vous parlez, je le soupçonne chez ceux qui ne voient pas les ravages que la main-mise de l'état sur la société, son économie et sa monnaie ont provoqué dans le passé. Par ailleurs, je soupçonne un manque de culture économique chez ceux qui ne comprenne pas pourquoi cette main-mise continuera à produire d'irréparables dommages. Enfin, je soupçonne un manque de culture politique chez ceux qui ne voient du libéralisme là où il y a collusion avec le pouvoir et non-respect du droit individuel.
Réponse de le 15/12/2011 à 23:16 :
Si ron paul est élu et supprime la federal reserve, il supprime la machine à faire des bulles, et la bulle pétrolière serait alors la première à éclater, d'autant plus que par ailleurs son projet de cesser de faire des Usa le gendarme du monde conduirait aussi à une désescalade de la tension au moyen-orient.
Réponse de le 16/12/2011 à 23:39 :
@ Greg le Prolétaire
Les banques centrales, en créant de la monnaie, construisent des bulles et font augmenter artificiellement les prix. Tu penses que c'est bon pour les ouvriers, les augmentations de prix?
Réponse de le 18/12/2011 à 8:24 :
ce ne serait pas le gvt qui recupèrerait la politique monétaire, mais le marché. le marché fixerait les taux d'intérêts et des banques privées en compétition imprimeraient la monnaie. Il ne peut y avoir de capitalisme avec une banque centrale. pour ce qui est du gold standard, je pense qu'il a raison une foi de plus, cela limite les états dans leur dépense et assure une stabilité de la monnaie.

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