Municipales 2014 : qu'elle était "verte" la Silicon Valley niçoise

Laurence Bottero, à Nice

Nice: 129 euros la nuitée
Thomson Reuters

Laurence Bottero, à Nice

Nice: 129 euros la nuitée
Thomson Reuters
Lorsque les 128 jets d'eau se sont mis en marche le 26 octobre, le député-maire de Nice ne dissimulait rien de sa satisfaction. Là où, il y a encore deux ans, s'élevaient un parking et une gare routière tout de béton vêtus, s'étale désormais une "coulée verte" - nom longtemps donné à ce projet dont le but était de planter un poumon vert en plein coeur de Nice. Rebaptisée entre-temps Promenade du Paillon, cette étendue de 12 hectares, avec son miroir d'eau de 3.000 m2, ses 40.000 m2 d'espaces verts et ses arbustes modifie sensiblement le visage urbain du centre-ville.
Pour Christian Estrosi, candidat UMP à sa propre succession, le pari - qui a coûté 40 millions d'euros - est réussi. Celui qui a été ministre délégué à l'Aménagement du territoire sous l'ère Villepin de 2005 à 2007 a, en effet, décidé, dès son accession à l'Hôtel de ville en 2008, de faire de sa baie des Anges une ville verte exemplaire. Un fil rouge qui va guider de nombreux chantiers dont la fameuse Éco-vallée. Une opération d'intérêt national (OIN) fort ambitieuse - pharaonique même, lui reprochent ses détracteurs à droite comme à gauche - qui doit devenir, à terme, une sorte de Silicon Valley dédiée aux green techs.
Au total, 10.000 hectares, dont notamment un nouveau quartier d'affaires de 49 hectares et une technopole urbaine, Nice Méridia, qui accueille déjà un immeuble de 10.200 m2 de bureaux, rejoints d'ici à 2017 par trois autres programmes mixtes avec logements pour étudiants, logements sociaux, bureaux et commerces.
Même l'aéroport de Nice-Côte d'Azur, fort de plus de 11,5 millions de passagers (soit 3% de hausse de fréquentation en un an), de ses 110 destinations et de son emplacement au coeur de la ville, devient un levier stratégique d'attractivité. Ainsi, sur les 24 nouvelles installations d'entreprises dénombrées en 2013 par l'agence de développement économique Team Côte d'Azur, sept concernent le périmètre niçois, promettant 93 emplois.
La pépinière née en 2008, et labellisée Centre européen des entreprises innovantes en 2011, a accompagné 62 jeunes entités qui ont généré 200 emplois. Il y a deux ans, c'est le centre de R&D de Schneider Electric qui s'installe à Carros, dans la zone de l'Éco-vallée. Et, d'ici à 2016, une nouvelle ZAC verra le jour sur 19.000 m2 de surface de plancher, proposant à la location des locaux d'activités pour les entreprises de l'artisanat et de la petite industrie.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

L'idée du maire sortant est de montrer que "Nice, ville verte de la Méditerranée ", ce n'est pas une vue de l'esprit, mais une réalité, et d'égrainer les diverses expérimentations en matière d'optimisation énergétique : boulevard " connecté" grâce à 200 capteurs afin de mesurer les économies permises grâce à Internet ; programme de recherche réunissant IBM et l'Université de Nice Sophia-Antipolis, qui travaillent à faire émerger les start-up spécialisées dans la récolte de données en temps réel ; Nice Grids, projet piloté par ErDF, qui avance sur le développement d'un quartier solaire intelligent...
Une liste qui fait se gausser les candidats de l'opposition, le PS Patrick Allemand accusant le maire d'aller " piquer de l'emploi ailleurs pour le rapatrier ", quand le divers droite, ex-UMP suspendu pour dissidence, Olivier Bettati, dénonce une "coquille vide", davantage " opération de communication".
Car Nice n'échappe pas aux problématiques de toute métropole et doit faire face au manque de logements pour actifs.
À lire également
Autre pierre d'achoppement, l'asphyxie des transports. Et si la ligne 1 du tramway, mise en circulation en 2007, désengorge une partie du centre-ville, tout comme son extension en juillet dernier, c'est le projet de la ligne 2 qui truste les débats électoraux. Reliant l'est à l'ouest de la ville, elle sera en partie souterraine et coûtera 650 millions d'euros, pour une livraison d'un premier tronçon en 2017. Une somme qui fait bondir l'opposition, toutes tendances confondues. S'ils ne remettent pas en cause le fond du projet, Patrick Allemand comme Olivier Bettati en rejettent la forme enterrée, accusant le premier magistrat de dilapider l'argent des Niçois. Christian Estrosi rétorque en rappelant l'absence d'augmentation d'impôts pour la sixième année consécutive. Un argument qui vaut toujours, d'autant plus face à la multiplication des candidatures - une dizaine -, sans parler du contexte économique général...
_____
PATRICK ALLEMAND (PS)
OLIVIER BETTATI (DVD)
Autre sujet qui fâche, la ligne 2 du tramway et son coût.
Laurence Bottero, à Nice