L'absurdité cachée du bien-être au travail

A force de vouloir rationaliser à coups de mesures du climat social le bien-être des salariés, on passe à côté de la réalité, celle ressentie et vécue par les individus. Le livre blanc sur la performance sociale au travail réalisé par Mars Lab rappelle l'importance des représentations du psychisme et propose une typologie de profils recensés au travail. A vous de découvrir si vous êtes comblé, gâté, damné ou frustré ?

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Bien-être au travail n'est pas synonyme d'absence de mal être. A force d'avoir les yeux rivés sur les baromètres de leur climat social, les managers croient que si globalement tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes de l'organisation, c'est aussi le cas pour chacun des individus qui la constituent. Et qu'inversement, si le climat social est délétère, c'est que chacun des salariés souffre. Or, un individu peut être très motivé par son travail mais totalement désengagé et dégoûté par l'organisation dans laquelle il est parce que celle-ci est disfonctionnelle et freine sa performance individuelle. C'est d'ailleurs l'une des sources majeures de la souffrance au travail.

Enquête après enquête on sait désormais que les Français ont plutôt une conception très idéalisée du travail en valeur absolue alors même que leur vie professionnelle les rend très stressés, voire profondément malheureux. D'où cette question souvent posée « Etes-vous stressé par le travail ? » qui confine de fait à l'absurdité. Ce n'est pas ce que les individus pensent qui indique leur état mais la façon dont ils vivent les choses.

Le « vécu ressenti » prime sur le « vécu pensé »

Il n'est donc pas toujours très pertinent de s'en tenir à des baromètres basés sur un simple déclaratif des intéressés si l'on veut évaluer le moral de ses troupes. En matière de performance sociale, mieux vaut appréhender un peu mieux la complexité de l?être humain. Comme le souligne le « Livre blanc sur la performance sociale au travail » réalisé par Mars Lab au terme de plusieurs années de recherche, les notions de bien-être au travail et de performance sociale ne doivent pas être définies uniquement comme l'absence de souffrance dans le travail, et cette approche fait encore défaut dans l'évaluation du vécu des salariés au travail.

« En effet, le plus souvent, les évaluations mesurent essentiellement l'occurrence d'éléments négatifs au travail. Or, être bien au travail n'est pas l'absence de mal-être, il s'agit d'un état qualitativement différent et qui doit être considéré en tant que tel. On peut très bien penser positivement le travail et ressentir dans le même temps son travail négativement», précise Pierre-Eric Sutter, dirigeant de Mars Lab.


Ce livre blanc s'attaque à une synthèse des principaux indicateurs susceptibles de mesurer la performance sociale au travail en s'intéressant plutôt aux dimensions humaines (sociales et psychologiques), et établi une typologie de quatre profils de vécu au travail. Le « comblé » conjugue ainsi harmonieusement idéal du travail positif et conditions de travail satisfaisantes. Il aime son travail qui le lui rend bien. Le « gâté » n'a pas un idéal de travail fort, mais il dispose d'un emploi aux conditions favorables et satisfaisantes, ce dont il n'a pas -ou plus- conscience.

Le « logiciel de croyances positives » du "damné" est en piteux état

Le « damné »,lui,  cumule un idéal du travail négatif et une insatisfaction forte dans son emploi qui vient renforcer sa certitude que le travail n'est qu'une malédiction. C'est là que se concentrent potentiellement le plus de salariés susceptibles de souffrir du travail car ils ne trouvent que peu de protections, leur « logiciel de croyances positives » étant en piteux état. Enfin le profil de travailleur « frustré » a tellement idéalisé le travail qu'il a du mal à supporter les insatisfactions de son travail qu'il rencontre au quotidien chez son employeur, jusqu'à les vivre comme une frustration permanente.

Prendre la mesure objective du vécu

De quoi venir questionner les parangons des baromètres qui défendent ardemment les éléments rationnellement objectivables et mesurables sous prétexte de tendre vers l'objectivité. Ce prétexte est connu : on ne saurait se fonder sur le ressenti ou les représentations des êtres humains au travail mais sur le réel du travail lui-même.
Mais qu'est-ce que le réel du travail sans des salariés qui le pensent et le ressentent ? C'est tout l'écart pointé par la psycho-dynamique entre travail prescrit et travail réel montrant que le travail n'est qu'une question de point de vue pour ses différents acteurs.

Depuis Kant, on sait que les représentations sont centrales dans l'idée que l'on se fait du réel. Mieux : une représentation du réel qui active une réalité devient une réalité elle-même. « Autrement dit, si l'on est persuadé que son travail est source de bien-être ? à tort ou à raison, peu importe- on sera bien dans sa peau et donc plus performant, quelque soit la réalité objective de la situation. Si au contraire on est persuadé que ce même travail est source de mal-être, toutes choses étant égales par ailleurs, on sera mal dans sa peau et moins performant.

Ainsi, la représentation du travail compte tout autant que le travail réel en matière de performance sociale. D'où l'importance de prendre la mesure objective du vécu au travail des salariés pour comprendre ce qui freine ou optimise leur performance », en conclut Pierre-Eric Sutter.  Et quand on sait qu'une organisation de travail et ses instruments de gestion qui ne sont pas facilitateurs pour le facteur humain diminuent sa performance, tant individuelle que collective, les actionnaires et les comités de direction auraient tout intérêt à s'interroger autrement sur le peu d'adhésion à leurs stratégies flambant neuves.

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Commentaires 28
à écrit le 28/05/2013 à 14:30
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J'ai le stress quand je rentre et je sors du marché en day -trading (en général pas plus d'une heure) . Le fait d'avoir pris au marché un petit quelque chose me remplit de satisfaction car j'ai , comme tout le monde , le sentiment d'avoir fait ma jou...

à écrit le 15/03/2013 à 16:59
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réponse à FRED87 Je participe de bon coeur avec mes impôts à tout ce qui concerne l'aide sociale, je paye un peu de ton RSA, un peu de tes allocs et de ta CMU comme beaucoup de gens...Je n'ai pas les moyens de faire du cheval et je vais en vacances e...

le 14/05/2013 à 11:00
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Tout à fait d'accord.

à écrit le 05/03/2013 à 21:59
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"Or, un individu peut être très ... disfonctionnelle et freine sa performance individuelle. C?est d?ailleurs l?une des sources majeures de la souffrance au travai"l. EXACTEMENT. et en plus, souvent, pour une très grosse entreprise le fait d'être très...

à écrit le 05/03/2013 à 15:32
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Bonjour, ben moi, j'ai du RSA, des allocs, la CMU, je vis en province dans un cadre assez parfait, je monte à cheval, je fais du sport. je gagne quelques sous, un peu au noir à côté pour aller en Jordanie ou au Japon. C'est bien la France, faut arrêt...

à écrit le 05/03/2013 à 11:06
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@patrickb: entierement d'accord avec vous. Je suis parti de France, les poches vides je precise, il y a 20 ans maintenant et j'ai aussi monte ma boite... en Chine ou les gens sont bien plus accueillant et ou c'est un plaisir de travailler avec les ch...

le 05/03/2013 à 15:07
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bluff

le 05/03/2013 à 17:08
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@JDSShangai: je ne peux que dire bravo et bon vent :-) Je souhaiterais en effet qu'il y ait plus de gens qui cherchent ce qu'ils peuvent faire pour eux-mêmes plutôt que ce que les autres (dont le gouvernement) peuvent faire pour eux :-) Bon, c'est du...

le 06/03/2013 à 4:20
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@Patrickb: merci et bon courage a vous et a tous ceux qui retroussent leur manches. j'aime aussi profondemment cette phrase de J.Kennedy. J'ajouterais aussi a tous ceux qui n'arretent pas de se plaindre et de gemir, que vous avez tous en vous les res...

à écrit le 05/03/2013 à 9:28
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Bon, alors, qu'est ce qu'on fait ? TT à fait d'accord pour les trucs débiles de remontage de moral-et-bretelles (en mm temps) et de morale aussi. Et qu'y a t il entre ces pansements (un peu l'équivalent du bisou qu'on fait aux bobos des enfants avant...

à écrit le 04/03/2013 à 22:35
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Dans ce domaine on est vraiment dans le dialogue de sourds et la france qui se singularise par le fait que ses salaries sont souvent en queue de peloton des "epanouis au travail" peut aussi s'expliquer par une ceertaine forme de transparence. Le pb d...

le 05/03/2013 à 21:56
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il n'y a pas que les syndicats qui sont dans un rapport de force ..; vous avez déjà essayé de discuter avec une drh si vous n'êtes complètement d'accord avec elle ... la violence est une partie non négligeable du hign management

à écrit le 04/03/2013 à 19:32
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dans mon administration ils ont mis en place toute une batterie de dispositfifs sur les conditions de travail , mais c'est avant tout pour créer des postes pour occuper les cadres sup . Car pour les salariés ça change rien. Les observatoires, les com...

à écrit le 04/03/2013 à 17:22
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Les entreprises sont polluées par tous les jeux de rôles stupides organisés par les managers minables qui cachent leurs incompétences par ces faires-valoirs absurdes et contreproductifs... c'est la maladie cancer des entreprises prodiguée par les fau...

à écrit le 04/03/2013 à 16:30
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"un individu peut être très motivé par son travail mais totalement désengagé et dégoûté par l?organisation dans laquelle il est parce que celle-ci est disfonctionnelle et freine sa performance individuelle" ??? Un tel individu que je sache ne s'attar...

le 04/03/2013 à 17:15
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continuellement désobligeant, ce Patrikb....

le 04/03/2013 à 17:53
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Ahlala, y a de ces phrases compliquées alors que la vie est si simple. Ben voyons, y a qu'à créer sa boite, que je sache...Avec quel financement, sur quel marché, il y a quelques petits questions résiduelles comme celles ci. A vous suivre, un salarié...

le 04/03/2013 à 18:57
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@celui qui me répond: il faut relever les manches mon gars. Quand j'ai créé ma boîte, j'ai pas eu de subventions et j'ai prospecté mes clients. Un salarié de Peugeot peut par exemple ouvrir un garage où, s'il est capable, il peut réparer et vendre de...

le 04/03/2013 à 19:39
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@lelièvre..: Tous les entrepreneurs ne sont pas nés avec une cuillère en or dans la bouche, et heureusement parce qu'autrement, on aurait pas fait beaucoup de progrès depuis les cavernes :-) et la désobligeance vient de ceux qui attendent tout ... de...

le 28/05/2013 à 14:17
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+1 ,des boîtes j'en ai monté en tout 4 sans un centimes en poche, et si je les ai fermées, c'est pour des raisons n'ayant aucun rapport avec des problèmes financiers. Une boîte, c'est par contre avoir la capacité de se passionner pour quelque chose. ...

à écrit le 04/03/2013 à 16:16
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la france est au moyen âge des modèles de management humain...... les DRH exécuteurs des basses oeuvres....... l'intelligence émotionnelle est un gros mot dans notre pays.... quand à parler d'intelligence collective, la... on est en plein fantasme......

à écrit le 04/03/2013 à 15:59
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Tout celà c'est compliqué.Moi je m'aperçois que partout c'est la déglingue.Par exemple je vois de plus en plus de personnes qui mangent le midi dans leur voiture sur le parking de mon hyper.Enfin excusez moi si je suis un peu hors sujet.

le 04/03/2013 à 17:20
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Mais vous avez raison ! c'est effectivement la "déglingue" dans TOUS les domaines, tous ! ça se délite, ça fait n'importe quoi, ça dit n'importe quoi, au plus on est c.n, au plus on a de succès, au plus on est débraillé, au plus ça plait , bref il y ...

le 04/03/2013 à 17:25
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T'as raison l'ancien, le système marche sur la tête. Bientôt ce ne sera même plus un sandwich dans la voiture, ce sera une pilule à midi et un verre d'eau. A cette future époque bénie nous envierons les Chinois et leur bol de riz. Ceci dit, "bouffer"...

le 04/03/2013 à 18:00
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Nous sommes d'accord, la France est en pelin délitement, les friches industrielles, la pauvreté et la misère, les patrons voyous, les banquiers bandits en bandes organisées, les structures de l'Etat verollées et corrompues, les Région et les Départem...

le 04/03/2013 à 18:30
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vous parlez de la misère, quoi ...le conditionnement,aliénation, la mise à mort du travail...etc...ce que tout le monde sait déjà depuis longtemps, certains sont encore persuadés qu'il ne s'agit que d'une passe, une crise quoi ? ou on envie de le cr...

le 05/03/2013 à 16:43
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@ Ancien, ancien 1,2, désillusionniste +1; 2; 3

le 05/03/2013 à 16:45
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votre repas , c'est quelque chose !...+ 1

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