Pour sa révolution, la télé ferait bien de s'inspirer d'Apple

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La télévision, prochain lieu de la révolution numérique, devrait s'inspirer d'Apple pour rendre l'expérience simple et indispensable... REUTERS
La télévision, prochain lieu de la révolution numérique, devrait s'inspirer d'Apple pour rendre l'expérience simple et indispensable... REUTERS (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Notre contributeur, Gabriel Dabi-Schwebel se fait oracle, et prédit la prochaine révolution numérique...dans la télévision. Qui aurait plutôt intérêt à s'inspirer de la stratégie de développement d'Apple...

Il est des périodes spécifiques au cours desquelles les conditions sont réunies pour une transformation majeure de nos usages, et par voie de conséquences, d'industries entières. De façon fascinante, Apple a su comprendre et capturer deux de ces transitions majeures : la première avec l'iPod et l'iPhone avec le marché du smartphone, la deuxième avec l'iPad, avec les tablettes numériques.

Quels étaient les signes avant-coureurs de ces transformations et surtout serait-il possible de distinguer aujourd'hui de tels signes et d'annoncer la prochaine révolution ? Probablement… et la prochaine industrie qui sera frappée sera la télévision !

L'iPod a balayé les baladeurs numériques

L'iPhone est le fruit d'une expérience extraordinaire pour Apple, et le prolongement d'une tactique payante: c'est avec l'iPod que le principe fondateur avait été posé. Ce principe est simple: saisir une évolution technologiques, et la rendre accessible au plus grand nombre.

Ainsi, avant l'iPod, il était possible depuis plusieurs années de disposer d'un baladeur numérique capable de lire des fichiers MP3 avant l'émergence d'Apple: l'un des champions de ce marché était d'ailleurs français ! Archos proposait des "baladeur MP3" avant le lancement de l'iPod. Le vrai secret d'Apple, c'est d'avoir simplifié à l'extrême le concept, d'en avoir balayé les artefacts qui trahissait l'origine "informatique" de ces produits pour en faire un produit simple. Ce sujet a rendu fou plus d'un geek, mais dans un iPod, pas de notion de "répertoire", "fichier", etc. Tous les concepts d'informaticiens ont été remplacés par des "morceaux", "listes de lecture", qui se sont révélés bien plus pertinents pour le grand public.

Fort de ce formidable apprentissage, l'iPhone repose depuis le début sur le même principe. Alors que les informaticiens à l'origine des premiers smartphones projetaient (encore !) les concepts informatiques qui leur étaient familiers, tels que "client mail", "navigateur internet avec des signets", "répertoire de fichier", etc., Apple est arrivé avec le concept fondamental d'application qui correspondait à l'activation d'une fonction ou d'un outil . Comprendre la logique "d'interaction contrainte" (par le temps, le contexte global) des usages mobiles a été la clé d'une simplification majeure : tout est devenu accessible plus directement. Le concept d'application, le "format" application s'est révélé être la clé des usages mobiles.

 L'iPad, terminal de consommation internet optimisé

… et que dire de l'iPad ? Alors que les usages d'Internet se développaient, et que les caractéristiques de ces usages étaient connues, il était criant qu'il manquait un outil à Internet: un outils capable de satisfaire 90% des utilisateurs d'Internet, comptant un nombre de contributeurs ou créateurs très réduit, ceci d'autant plus si l'ont fixe la définition de "créateur" à un texte supérieur à 10 lignes, ou une image demandant plus de 5 secondes à concevoir, traiter et envoyer. Le génie c'est d'avoir créé "le terminal de consommation d'Internet" par excellence, qui permet à chacun le volume d'interaction minimal qui correspond à 90% des usages.

Bien-sûr, j'entends les arguments répétés des industriels qui disent que les tablettes sont des outils de création tout autant que des outils de consommation (Apple en tête), mais quiconque s'est trouvé exposé des tâches créatives élaborées ne peut soutenir cet argument... Mais cela ne représente qu'une infime partie des utilisateurs d'Internet. Le génie, donc, c'est d'avoir analysé 90% des usages, et d'en avoir reconstruit, depuis zéro, tous les modèles d'interaction pour permettre ces usages de façon fluide… voire plaisante.

Les conclusions à tirer de l'exemple d'Apple

Les clés semblent donc être:

  •  L'identification d'usages, en faisant la part entre les usages réels de ceux que la technologie sert techniquement, mais qui sont perfectible en terme d'expérience utilisateur
  • La mise en oeuvre des technologies disponibles pour servir ces usages, en se débarrassant des entraves issues des concepts informatiques qui rendent ces technologies peu compréhensibles, ou peu plaisantes, pour la majorité.

 

Ces signes existent-ils pas dans l'industrie télévisuelle ?

L'évolution des usages démontre l'appétence du public pour des besoins que les formats actuels servent mal : un besoin d'adaptation des rythmes de consommation au planning de chacun; un désir de consommer un "menu" renouvelé et surprenant, que l'on pourrait continuer discuter à la machine à café mais qui serait personnalisé ; une volonté de choisir en balance avec un refus systématique d'anticiper les consommations, etc.

Les outils déployés pour satisfaire ces besoins sont tous entravés de concepts informatiques indigestes aux acronymes plus barbares les uns que les autres: PVR (Personal Video Recorder), Catchup TV (TV de rattrapage), Time Shifting (intraduisible), Start Over (Redémarage du programme), Video Everywhere (sur tous les écrans)... et ces concepts se mélangent gaiement.

Nous voici donc à l'aube d'une révolution majeure dans l'industrie de la télévision: au moment précis où les fils technologiques sont mélangés en une pelote inextricable, et où, malgré cela les usages fleurissent.

Tout ré-inventer dans la télévision

Préparons nous donc pour cette révolution: une révolution ou la télévision se comportera comme nous l'avons toujours rêvé. Des chaînes de TV lisibles, des outils simples de navigation dans les programmes, quel que soit le terminal utilisé pour y accéder, des méthodes d'interaction en phase avec les usages…

Tout est à ré-inventer en termes d'interfaces. Si l'on pense un instant à ce qu'était un smartphone avant ou après l'iPhone, il est facile de comprendre que la clé sera le "format", et que nous en sommes précisément là avec la télévision: quel sera le concept similaire à la notion d'application qui bouleversera dans les années à venir les chaînes de télévision ?

 Tous les acteurs ont les cartes en main. Les usages sont connu de tous. Les technologies aussi. Reste à concevoir le "format". Ce qui est fascinant c'est que le jeu est extrêmement ouvert: tous les acteurs de la chaîne de valeur ont les moyens de jour un rôle. Qui l'emportera ?

Il y a aussi une autre leçon à retenir : ne faites pas confiance aux seuls informaticiens pour concevoir vos produits !!!! (Ni au seuls graphistes pour faire votre site web)

 

*Par Gabriel Dabi-Schwebel, fondateur de l'agence web marketing communication 1min30

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Commentaires
a écrit le 30/09/2013 à 13:11 :
Hormis la derniere ligne (j irai jusqu a ajouter: quel que soit le domaine), tout le texte est un ramassis de poncifs appleomaniac. Apple vent des machins TV depuis des annees sans que le marche y prete attention; ce qui est parfaitement normal. Les TV connectees (toute "box" lui donne ce potentiel) cela ne semble pas interesser grand monde... Quant aux exemples, on a envie de rigoler ! si (au hasard), aller choisir dans un serveur: chanteur francais, Brassens, annees 70, Fernande... ce n est pas une arborescence ! alors, quest ce ? Les smartphones: un i-machin serait bien en peine de m offrir les fonctionnalites de mon premier... d il y a 10ans ! et egaler mon actuel a 100EUR... ce n est pas demain la veille.
Bref, encore un rigolo qui... decouvre un oeuf...

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