Wall Street en légère baisse, General Motors s'enfonce

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Les places américaines reculent légèrement ce mardi, restant prudente après les gains importants enregistrés ces dernières semaines. Le Dow Jones cède ainsi 0,27% à 8.396 points mais le Nasdaq recule de 0,52% à 1.722 points, et le S&P 500 cède 0,27% à 907 points.

La journée s'annonce hésitante à Wall Street. Après avoir consolidé lundi leurs gains importants de la semaine précédente (4,4% pour le Dow Jones et 5,9% pour le S&P 500), les marchés new-yorkais optent en effet pour la prudence. En l'absence de statistiques économiques et de résultats d'entreprises, les investisseurs attendent les prochains chiffres, espérant qu'ils confirment les espoirs d'une reprise de l'économie avant la fin de l'année. Les ventes au détail seront publiées ce mercredi, avant la confiance des consommateurs et la production industrielle vendredi. Dans l'intervalle, Wal-Mart aura fait état de ses résultats trimestriels.

Trente minutes après l'ouverture des échanges, le Dow Jones cède ainsi 0,27% à 8.396 points mais le Nasdaq recule de 0,52% à 1.722 points et le S&P 500 cède 0,27% à 907 points.

Du côté des valeurs, Ford plonge de 10,53% à 5,44 dollars. Le deuxième constructeur automobile américain va émettre 300 millions d'actions nouvelles, ce qui représente une augmentation de capital de 11%. Cette opération pourrait lui rapporter 1,8 milliard de dollars, alors que le cours de son action a été multiplié par 6 depuis le plus bas de 1,01 dollar touché en novembre dernier. Une émission supplémentaire de 45 millions de titres est prévue en cas de forte demande. Le groupe profite ainsi de la forme des marchés pour lever des fonds et ainsi de pas avoir recours à des prêts gouvernementaux, comme l'ont fait ses compatriotes General Motors et Chrysler.

De son côté, General Motors s'enfonce de 20,83% à 1,14 dollar, ramenant sa capitalisation bousière à 700 millions de dollars. Le géant de Detroit se rapproche du placement sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, incapable de pouvoir trouver un accord avec les porteurs de ses titres de dette obligataire. GM a proposé de convertir ces titres en actions, opération à l'issue de laquelle ces créanciers détiendraient 10% du groupe. Mais ces derniers refusent toujours alors que GM doit présenter avant le 1er juin la nouvelle mouture de son plan de restructuration afin d'obtenir de nouveaux prêts de l'Etat américain.

Victimes de prise de bénéfices lundi, les valeurs bancaires restent globalement dans le rouge. Bank of America cède ainsi 2,47% à 12,62 dollars. La première banque américaine va céder un tiers de sa participation dans son homologue chinoise China Construction Bank, pour un montant de 7,3 milliards de dollars. Cette cession était attendue depuis que l'établissement s'est vu enjoint par les autorités américaines de lever 33,9 milliards de dollars de capitaux. Bank of America a déjà reçu 45 milliards de dollars de la part de l'Etat, notamment pour digérer le rachat de Merrill Lynch. Mais les tests de résistance effectués ces dernières semaines ont révélé qu'elle n'était pas suffisamment bien armée pour faire face à la dégradation de la conjoncture.

Citgroup gagne au contraire 0,32% à 3,87 dollars mais JPMorgan recule de 2,76% à 34,84 dollars et Wells Fargo abandonne 4,22% à 25,41 dollars. Les banques d'investissements Goldman Sachs et Morgan Stanley gagnent respectivement 1,05% à 137,21 dollars et 1,04% à 26,34 dollars. Et Bank of New York Mellon cède 2,84% à 28,71 dollars, après l'annonce d'une augmentation de capital de 1 milliard de dollars. L'administration américaine n'avait pourtant pas demandé à l'établissement de lever des fonds.

Toujours sur le secteur financier, MBIA perd 2,30% à 6,80 dollars. Le rehausseur de crédit est repassé dans le vert au premier trimestre de l'année, dégageant 697 millions de dollars de profits, contre une perte de 2,4 milliards l'an passé. Mais ses résultats ont été gonflés par un gain exceptionnel de 1,6 milliards de dollars sur le marché des CDS ("credit default swap"). Le groupe restait sur cinq trimestres consécutifs de pertes. Son homologue Ambac recule de 0,57% à 1,74 dollar. Il a perdu 392 millions de dollars sur les trois premiers mois de l'année, contre un déficit de 1,66 milliard au premier trimestre 2008.

Enfin, Microsoft gagne 1,97% à 19,70 dollars. Le premier éditeur mondial de logiciels a lancé la première émission obligataire de son histoire, pour un montant de 3,75 milliards de dollars. Cette opération a été particulièrement bien notée par les agences de notations, ce devrait lui assurer l'intérêt des investisseurs. Par ailleurs, le groupe a annoncé qu'il pourrait renforcer son plan de restructuration en cas de nouvelle dégradation de la conjoncture économique. Microsoft avait annoncé le 22 juillet 5.000 suppressions de postes dans les dix-huit mois, afin de générer des économies annuelles de 1,5 milliard de dollars.

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