Euphorie sur les marchés européens après l'action concertée des banques centrales

 |   |  917  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
L'annonce d'une action concertée des banques centrales, afin d'améliorer la liquidité du système financier mondial et d'éloigner le spectre d'un "credit crunch", a fait s'envoler les places financières européennes. A Paris, le CAC 40 a clôturé sur un bond de 4,22%.

Pénalisée à l'ouverture par la dégradation, par Standard & Poor's, de la note de quinze banques mondiales, la Bourse de Paris avait inversé la tendance après la décision de la Chine d'assouplir son marché du crédit. Mais ce n'est qu'à l'annonce d'une action concertée des principales grandes banques centrales que le CAC 40 a pris son envol qui l'a porté au delà du seuil des 3.100 points. Après avoir perdu jusqu'à 1,34%, l'indice phare de la place parisienne a terminé sur un gain 4,22% à 3.154,62 points. Un niveau que l'indice n'avait plus connu depuis le 3 novembre. Un bond qui s'est effectué dans un fort volume d'affaires: plus de 4,6 milliards d'euros ont été échangés sur le CAC 40.

Ailleurs en Europe, le FTSE 100 a progressé de 2,93%, le DAX 30 de 4,86%, l'Ibex 35 de 3,50% et le Ftse Mib de 4,38%.

La surprise a été de taille. La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Banque du Canada, la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon et la Banque nationale suisse ont annoncé des actions coordonnées afin d'améliorer la liquidité du système financier mondial et éloigner le spectre du "credit crunch" (rationnement du crédit). Elles ont notamment décidé de prolonger jusqu'en février 2013 leurs "swaps" (accords relatifs aux échanges de devises) en dollar. "Cette annonce est encourageante dans la mesure où elle cible directement un problème clé, c'est-à-dire la difficulté des intervenants du marché financier à avoir accès à des financements (surtout en dollars)", a commenté pour l'AFP Tom Levinson, économiste chez ING.

Plus tôt, les marchés avaient apprécié la décision de la Banque centrale chinoise (PBOC) d'abaisser de 50 points de base du ratio de réserves obligatoires des banques du pays. Cette démarche qui devrait assouplir le marché du crédit chinois, intervient alors que la production industrielle de la deuxième puissance économique mondiale tend à ralentir et témoigne de l'infléchissement des autorités chinoises qui avaient, ces derniers mois, relevé à plusieurs reprises ce ratio.

Ces annonces ont rapidement fait oublier la dégradation de la note de 15 grands groupes bancaires par Standard & Poor's. Ce d'autant plus que cette salve de dégradation, touchant principalement les établissements américains, est la conséquence d'une importante révision des critères de l'agence de notation.

Par ailleurs, sur le front de la crise des dettes souveraines, les ministres des finances de la zone euro ont ouvert la porte mardi à une éventuelle aide supplémentaire du FMI, tandis que la réforme du FESF risque de ne pas avoir l'effet escompté et que la pression sur la monnaie unique ne faiblit pas. Face cet échec, les investisseurs sont dorénavant dans l'attente du prochain sommet européen des 8 et 9 décembre.

Sur le front des statistiques macro-économiques, après des indicateurs mitigés en zone euro - l'inflation annuelle à 3% en novembre pour le troisième mois d'affilée, augmentation du taux de chômage à 10,3% contre 10,2% en septembre - les statistiques en provenance des Etats-Unis ont agréablement surpris les intervenants. Et en premier lieu les chiffres de l'emploi privé. Alors que le marché attendait 130.000 postes supplémentaires, ce sont 206.000 postes qui ont été créés. Les chiffres des deux mois précédents ont en outre été revus à la hausse. Le chiffre d'octobre est désormais évalué à 130.000, contre 110.000 en première estimation. Le chiffre de septembre est de 116.000 créations, contre 91.000. Par ailleurs, L'indice des directeurs d'achats de la région de Chicago a augmenté nettement plus que prévu en novembre, à 62,6 points contre 58,4 atendu, porté par un bond des commandes, selon les chiffres publiés mercredi par l'Institute of Supply Management

Sur le front des valeurs

Les valeurs bancaires, attaquées en début de séance, ont fini en forte progression. Ainsi Crédit Agricole a grimpé de 8,37%, BNP Paribas et Société Générale de 4,63 %. Hors CAC, Natixis s'est adjugé 10,21%.

Les grandes valeurs cycliques, fortement corrélées au sentiment de marché, étaient également bien orientées à l'image d'ArcelorMittal (+11,02%), de Vallourec (+10,39%), de Lafarge (+7,44%) ou encore Alstom (+5,89%).

Aucune des composantes du CAC n'ont terminé dans en baisse. Lanterne rouge du palmarès, Suez En vironnement a gagné 0,73%.

Hors CAC

Wendel s'est envolé de 16,07%. La société d'investissement a annoncé être en négociations exclusives pour la vente à l'américain TE Connectivity de sa filiale Deutsch, spécialisée dans les connecteurs pour environnements sévères. Pour Wendel, le produit net de la cession s'élèverait à 954 millions d'euros.

Laurent Perrier a progressé de 5,80% Le groupe a fait état d'un triplement de son résultat net part du groupe au titre de son premier semestre fiscal 2011-2012, à 9,49 millions d'euros. Sa marge opérationnelle progresse de 9,4 points à 21,6%, un niveau qui reste toutefois inférieur à un sommet de 26,5% atteint en 2007-2008 avant la crise.

Fimalac (+5,56%) a publié des résultats annuels en forte hausse, portés notamment par la croissance de sa filiale Fitch Ratings et par la contribution du groupe Lucien Barrière, dont la holding a pris 40% au début de l'année.

Pétrole et devises

Sur le marché des changes, l'euro était  forte hausse après l'annonce de l'action concertée des banques centrales. A la clôture des marchés financiers, un euro s'échangeait contre 1,345 dollar (+0,88%). Dans le même temps les cours de l'or noir évoluaient en ordre dispersé. Le Brent de la Mer du Nord perdait 0,13 % à 110,66 dollars tandis que le WTI prenait 0,83% à 100,61 dollars.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :