Craintes sur l'économie mondiale : Wall Street replonge lundi, le Nikkei et les Bourses chinoises suivent

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À la Bourse de New York (NYSE), hier, lundi 12 août 2019.
À la Bourse de New York (NYSE), hier, lundi 12 août 2019. (Crédits : Reuters)
En pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis, la crise de Hong Kong tombe au plus mauvais moment pour la Chine. Cette accumulation de difficultés de Pékin inquiète les marchés à cause "des possibles ramifications sur l'économie mondiale". Plusieurs grandes banques auraient "modifié leurs anticipations (...) révisant à la hausse le risque d'une récession d'ici à l'élection présidentielle de 2020" aux États-Unis. En Argentine, la Bourse s'est effondrée, chutant de -37,93% à la clôture.

La Bourse de New York a terminé en nette baisse lundi, fragilisée par les inquiétudes croissantes sur l'économie mondiale alors que la Chine fait désormais face à la guerre commerciale avec les États-Unis et à des tensions à Hong Kong. Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 1,49% à 25.896,44 points. Le Nasdaq a reculé de 1,20% à 7.863,41 points et l'indice élargi S&P 500 de -1,23%, à 2.882,69 points.

Après plusieurs séances chahutées la semaine dernière, Adam Sarhan, de 50 Park Investment, analyse en ces termes cette rechute:

Ce nouveau plongeon "est causé par un regain d'incertitudes sur la situation en Chine, qui doit maintenant mener deux combats de front, la guerre commerciale avec les Etats-Unis et les protestations à Hong Kong. Cela complique grandement la situation."

La fermeture de l'aéroport de Hong Kong, signe d'aggravation de la crise

Hong Kong est plongé depuis début juin dans sa plus grave crise politique depuis la rétrocession du territoire par Londres à la Chine en 1997.

Et l'aéroport de Hong Kong a pris lundi la décision rarissime d'annuler tous ses vols après que des milliers de manifestants pro-démocratie ont envahi le hall des arrivées, tandis que Pékin musclait son discours, disant voir dans leur mouvement "des signes de terrorisme".

Lire aussi : Hong Kong: l'aéroport rouvre, l'exécutif menace, les manifestants promettent "oeil pour oeil"

L'accumulation de difficultés de la Chine inquiète

"Le marché s'inquiète des possibles ramifications des difficultés chinoises sur l'économie mondiale", estime M. Sarhan.

Reflet de ces inquiétudes, le taux de la dette à 10 ans des États-Unis s'effondrait de nouveau lundi, à 1,641% contre 1,745% vendredi soir, signe d'une forte demande pour cet actif considéré comme une valeur sûre.

Dans ce contexte, "plusieurs grandes banques ont modifié leurs anticipations (...) et ont révisé à la hausse le risque d'une récession d'ici à l'élection présidentielle de 2020" aux Etats-Unis, souligne M. Sarhan. "Cela change vraiment la dynamique sur les marchés."

La Bourse s'effondre en Argentine

Le revers du président libéral sortant Mauricio Macri à des élections primaires en Argentine a aussi retenu l'attention des investisseurs, la Bourse de la troisième économie d'Amérique latine s'effondrant de 37,93% à la clôture.

Le secteur financier, dont les marges sont en général rognées quand les taux d'intérêt baissent, a particulièrement souffert lundi: JPMorgan Chase a lâché 1,99%, Goldman Sachs 2,88% et Citigroup 3,06%.

Le gestionnaire d'actifs BlackRock a reculé de 2,34%. La société est devenue l'actionnaire le plus important d'Authentic Brands Group, la maison mère du magazine Sports Illustrated et des marques Nine West et Aeropostale.

Le géant de l'agro-alimentaire Tyson Foods a cédé 0,06%. Une de ses usines, à Holcomb dans le Kansas, a été touchée par un incendie et doit être reconstruite entièrement. Le groupe prévoit de transférer la production sur d'autres sites et de payer ses salariés à temps plein jusqu'à la reprise de l'activité des nouveaux bâtiments.

Les groupes de médias Viacom et CBS ont reculé respectivement de 4,91% et 2,04% alors que, selon plusieurs médias américains, les deux sociétés sont en train de finaliser les discussions pour une fusion, un projet plusieurs fois avorté par le passé.

La Bourse de Tokyo démarre en net recul

Après une pause lundi en raison d'un jour férié au Japon, la Bourse de Tokyo démarrait mardi en nette baisse, plombée par la hausse du yen et l'essoufflement de Wall Street la veille face aux inquiétudes croissantes sur l'économie mondiale.

L'indice Nikkei a ouvert en repli de 1,22% à 20.432,68 points, et l'indice élargi Topix en recul de 0,95% à 1.489,52 points. Les deux indices évoluaient quasiment à leurs plus bas niveaux depuis le début de l'année.

"Les investisseurs sont découragés par le plongeon sur le marché d'actions américain et le yen plus fort", a commenté dans une note Yoshihiro Ito, d'Okasan Online Securities.

Hong Kong, Shenzhen, Shanghai... les Bourses chinoises à la baisse

Les places boursières chinoises ont ouvert en baisse mardi, dans le sillage de Wall Street, la situation politique à Hong Kong ajoutant à l'incertitude au lendemain de la fermeture de l'aéroport de la ville.

A Hong Kong, dans les premiers échanges, l'indice composite Hang Seng cédait 1,12% à 25.536,62 points.

En Chine continentale, la Bourse de Shanghai lâchait 0,6% à 2.798,05 points et celle de Shenzhen 0,74% à 1.497,83 points.

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Commentaires
a écrit le 14/08/2019 à 14:08 :
tout ça grâce à Trump, depuis le temps que les économistes disent qu'il n'arrêtait pas de tout faire pour faire avancer la prochaine récession et la date de fin de cycle, pour le seul profit de son dow jones, d'ailleurs c'est le seul à être dans le vert. Comme d'hab America first, par contre ça ne durera pas, sans éco mondiale en croissance, la seule conso américaine ne permet pas comme en 29, de subvenir au besoin de croissance perpétuelle de leur système économique ... Ils chuterons de manière pire qu'en 08 ....
a écrit le 14/08/2019 à 10:29 :
Bon les gars, visiblement vous avez de plus en plus de mal à faire du pognon avec le pognon et si vous inversiez la tendance en sortant vos dizaine de milliers de milliards des paradis fiscaux pour investir et reprendre la main sur l'économie réelle que vous avez fait plonger de vos seuls intérêts ?
a écrit le 13/08/2019 à 17:53 :
Dans 2 mois cela fera 80 ans qu'aura eu lieu la "crise de 29".
Espérons que l'histoire ne se répétera pas, qui a conduit à la 2eme guerre mondiale. Ça semble pourtant tous les jours un peu plus mal parti. Cyniquement, fort est de constater que ça réglerait bien des problèmes, à commencer par celui de la surpopulation.
Réponse de le 14/08/2019 à 14:05 :
la crise de 2008 était pire que celle de 29 déjà, puis la crise de 08 a fait augmenté le taux de mortalité dans les pays les plus touché (mort par pauvreté, faute de soins, suicides,...).
a écrit le 13/08/2019 à 14:27 :
La France a peur !

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