Après un moment de panique, Wall Street se rétablit mais les marchés restent nerveux

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(Crédits : Lucas Jackson)
La Bourse de New York a démarré dans le rouge et y est restée jusqu'à ce que la remontée des rendements obligataires ramène un peu de calme. La séance, heurtée tout du long, s'achève en ordre dispersé: le Dow s'affiche en très légère baisse, le S&P en très légère hausse, le gain est un peu plus net pour le Nasdaq. Mais la crainte d'une récession comprime les gains. En effet, l'inversion de la courbe des rendements entre les titres à trois mois et à 10 ans, la plus marquée depuis mars 2007, est le symptôme qui, au cours du dernier demi-siècle, a toujours précédé une récession.

Wall Street a terminé la séance de mercredi sur une note étroitement irrégulière, après avoir passé une bonne partie de la journée dans le rouge, profitant de rachats à bon compte mais la crainte d'une récession bien présente dans l'esprit des investisseurs a réfréné les ardeurs.

Le spectre de la récession économique

La fuite de ces derniers vers des actifs jugés plus sûrs a provoqué une chute des rendements, provoquant une inversion de la courbe des rendements entre les titres à trois mois et à 10 ans, la plus marquée depuis mars 2007; situation qui a toujours précédé une récession au cours du dernier demi-siècle.

L'indice Dow Jones a perdu 22,45 points, soit 0,09%, à 26.007,07 points. Le S&P-500, plus large, a gagné 2,21 points, soit 0,08%, à 2.883,98 points. Le Nasdaq Composite a pris 29,56 points, soit 0,38%, à 7.862,83 points.

Questions sur les marges de manoeuvre de la Fed, fustigée par Trump

La chute des rendements - qui se sont toutefois, comme Wall Street, repris dans le courant de l'après-midi - trahit aussi un développement des anticipations voulant que la Réserve fédérale réduise encore les taux par trois fois d'ici la fin de l'année, avec une baisse dès septembre considérée comme totalement acquise.

"On s'interroge: l'économie américaine est-elle assez solide pour faire face à la prochaine phase du conflit commercial?", commente Mike Loewengart (E*Trade Financial). "Et puis il y a ce que la Réserve fédérale peut faire et certains se demandent si ses possibilités risquent de ne pas être épuisées bien trop vite avant même qu'il y ait une récession."

Donald Trump a une nouvelle fois critiqué mercredi la politique monétaire de la Fed, affirmant que le principal problème auquel devait faire face l'économie des Etats-Unis n'était pas la guerre commerciale avec la Chine mais la prudence stratégique de la banque centrale.

Le 31 juillet, la Fed a abaissé d'un quart de point son taux directeur à 2,00%-2,25% afin de soutenir l'activité de l'économie américaine.

Le président américain a annoncé la semaine passée qu'il entendait imposer à compter du 1er septembre des droits de douane additionnels de 10% sur 300 milliards de dollars d'importations chinoises non encore taxées.

Le gouvernement chinois a répliqué en suspendant l'achat de produits agricoles américains et en laissant sa monnaie enfoncer la barre des 7 pour un dollar, une première depuis la crise de 2008. Cette initiative a provoqué la colère de Trump qui a accusé les Chinois de manipulation de leur monnaie, un reproche rejeté par Pékin.

Le volume a été de 9,05 milliards de titres échangés contre 7,1 milliards en moyenne les 20 séances précédentes.

Les valeurs financières les plus touchées

Les valeurs financières ont subi la plus forte perte sectorielle de la journée, de 1,21%. Celles de l'énergie ont cédé 0,76%, dans le sillage de cours pétroliers qui ont nettement rétrogradé. Walt Disney a cédé 4,9%, ayant publié mardi un bénéfice en deçà des attentes en raison des investissements consentis dans le développement de ses services de lecture de visionnage de vidéos en ligne.

A l'inverse CVS Health a gagné 7,5%, la chaîne de pharmacies ayant relevé sa prévision de bénéfice annuel.

En Europe, les Bourses réussissent à se maintenir en territoire positif

Les Bourses européennes ont terminé en hausse mercredi mais sous leurs meilleurs niveaux du jour, résistant à un accès de nervosité à l'ouverture de Wall Street où le Dow Jones a perdu jusqu'à 2% en début de séance.

Les inquiétudes autour du conflit économique sino-américain et la crainte d'une récession continuent de tarauder les investisseurs qui se reportent massivement sur les obligations d'Etat et d'autres actifs jugés sûrs, dont l'or qui a atteint les 1.500 dollars l'once pour la première fois depuis 2013.

Contrairement à mardi, les places européennes ont pu toutefois se maintenir en territoire positif et le CAC 40 a conservé en clôture un gain de 0,61% à 5.266,51 points, mettant fin à une série de trois séances de baisse même s'il a fini nettement sous son point haut du jour à 5.312,31.

Le Footsie britannique a gagné 0,38% et le DAX allemand 0,71%. L'indice EuroStoxx 50 a progressé de 0,56% et le FTSEurofirst 300 de 0,25%, le Stoxx 600 terminant pour sa part sur un gain de 0,24% après avoir pris jusqu'à 1,1% le matin et effectué une brève incursion dans le rouge après l'ouverture de Wall Street.

Frilosité pour les obligations à 10 ans

Les rendements ont réduit leurs pertes, l'adjudication de 27 milliards de dollars d'obligations à 10 ans - deuxième étape du refinancement trimestriel de 84 milliards de dollars du Trésor - n'ayant suscité qu'une demande modeste.

L'adjudication s'est faite à un rendement de 1,670%, le plus faible depuis trois ans.

Ainsi, le rendement du 10 ans ne cédait plus que 1,8 points de base à 1,7207, alors qu'il avait touché plus tôt dans la journée 1,595%, son plus bas depuis octobre 2016.

Le rendement du 30 ans laissait encore 2,8 points de base à 2,2422%, après un plus bas de 2,123%, proche du plancher record de 2,089% datant de juillet 2016.

Les monnaies refuges continuent de tirer parti du conflit commercial

Le yen a inscrit un pic de huit mois contre le dollar et le franc suisse a également progressé, ces deux monnaies refuge par excellence, continuant à tirer parti des trépidations engendrées par les conflits commerciaux internationaux.

Le dollar s'est depuis stabilisé, perdant seulement 0,03% à 106,23 yens, après un plus bas depuis le 3 janvier de 105,51. Le billet vert se stabilisait aussi face au franc suisse , ne cédant plus que 0,03% aussi à 0,9750. Même chose face à un panier de devises de référence (-0,02%).

Pertes cinglantes pour le pétrole sur le Nymex

Les cours du pétrole ont subi des pertes cinglantes mercredi sur le Nymex, plombés par les tensions commerciales, synonymes de baisse de la demande pétrolière, et par une hausse inattendue des stocks de brut américains. A New York, le Light Sweet Crude Oil, s'affiche jeudi matin à 51.68 EUR (-2.95%)

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a écrit le 13/08/2019 à 20:06 :
"On s'interroge: l'économie américaine est-elle assez solide pour faire face à la prochaine phase du conflit commercial?", commente Mike Loewengart (E*Trade Financial). " Vu dans votre article. On peut effectivement se poser la question. La FED baissé le taux directeur, ce qui signifie que la demande est basse et va rendre le crédit moins cher, ça cherche à faire repartir l'économie. Mais comme d'un autre coté on peut lire que l'économie US va bien.
Il y a un fou ou un menteur. Baisser les taux, ne va pas empécher la BCE de baisser les siens. Et ne va pas attirer les investissurs ; aussi, l'économie US va-t-en aussi bien qu'on nous le dit ?
a écrit le 08/08/2019 à 16:38 :
Merci pour cet article il est bien évident que la conjoncture économique actuelle va nous mener de changements en chamboulements majeurs et de ce fait chaque mouvement est bon à analyser.

En ce qui concerne la chute du pétrole on aimerait bien comprendre pourquoi alors qu'il est particulièrement chahuté, comme d'habitude, on se retrouve quand même avec un GO à 1.40 euros... Ça ne va pas arranger le business.

Les états unis se battent pour conserver la première place, il est quand même hallucinant qu'une grande partie de la finance mondiale ne soit pas en mesure d'an anticiper les mouvements.

La finance américaine a tout intérêt à se ranger derrière la puissance politique américaine afin de lutter contre la Chine, de se préparer à un conflit avec l'Iran et de continuer à observer attentivement l'Inde dont on ne parle pas mais qui au final est la plus grande gagnante de tout ces conflits naissants et persistants.

L'intérêt de la finance n'est pas celui d'une nation, cette première seulement guidée par sa cupidité peut faire des affaires avec n'importe quel personnage aussi obscurantiste qu'il soit, même ceux menaçants les intérêts nationaux, mis l’État et tous les intérêts qu'il incarne notamment celui primordial de gérer la vie des citoyens, peuple qui comme nous disait Nietzsche, aussi peu éclairé soit 'il guide et guidera malgré tout tout le reste, seuls les américains semblant le comprendre d'ailleurs, lui ne peut pas se le permettre au risque de se faire, à long terme, anéantir.

Et ce qui fait la puissance des états unis c'est bel et bien cette capacité de la classe dirigeante au final de protéger l'intérêt commun, du moins le minimum, afin justement de protéger ses propres intérêts, principe fondateur que notre UERSS par exemple et son dirigisme néolibérale n'est plus en état intellectuel de comprendre.

C'est une guerre pour la suprématie mondiale, penser que les états unis vont abdiquer serait d'une stupidité hallucinante, non ils vont se battre avec tous les moyens dont ils disposent et ce sont eux qui en disposent le plus puisque ayant créé les règles du jeu auxquels tous les autres pays se sont bêtement soumis même si la Chine vient de le comprendre et essaye de réécrire ces règles mais sémantiquement, vu que par intérêt elle ont signé le premier contrat s'y retrouve complètement piégée.

ET si je ne peux pas écrire cela vous le suprimez vous ne le laissez pas se faire coller par multipseudos ou alors vous me laisez au moins répondre au peine à penser
a écrit le 08/08/2019 à 12:31 :
Puisqu'on arrête pas de nous bassiner que la récession est bonne pour l'écologie et bonne pour la planète.
a écrit le 08/08/2019 à 11:23 :
Les machines ne paniquent pas elle rééquilibre les transactions .
vous croyez qu'on paie des fortunes des mathématiciens et des informaticiens pour la déco .
y plus de 80 % des opérations qui sont fait automatiquement au niveau des bourses mondiale .
C'est un scandales mais vous continuez à faire semblant dit croire.
a écrit le 08/08/2019 à 10:33 :
Trump fait à peu près la même politique économique que Bush ( baisses des taxes, soutien au crédit, politique extérieure déstabilisatrice) ... mais en pire. Les experts disaient que Bush avaient une bonne politique économique avant de déchanter sérieusement. Pour Trump qui a fait de la relance alors que tout allait bien, le bilan sera certainement bien plus désastreux, non seulement il aura accéléré la prochaine crise mais en plus il aura gaspillé les armes qui permettaient de la combattre et je ne parle même pas des déficits qu'il aura aggravé. Il critique la FED car il veut doper la croissance à court terme, pour lui le principal étant que la crise éclate après les élections.
a écrit le 08/08/2019 à 10:04 :
Merci pour cet article il est bien évident que la conjoncture économique actuelle va nous mener de changements en chamboulements majeurs et de ce fait chaque mouvement est bon à analyser.

En ce qui concerne la chute du pétrole on aimerait bien comprendre pourquoi alors qu'il est particulièrement chahuté, comme d'habitude, on se retrouve quand même avec un GO à 1.40 euros... Ça ne va pas arranger le business.

Les états unis se battent pour conserver la première place, il est quand même hallucinant qu'une grande partie de la finance mondiale ne soit pas en mesure d'an anticiper les mouvements.

La finance américaine a tout intérêt à se ranger derrière la puissance politique américaine afin de lutter contre la Chine, de se préparer à un conflit avec l'Iran et de continuer à observer attentivement l'Inde dont on ne parle pas mais qui au final est la plus grande gagnante de tout ces conflits naissants et persistants.

L'intérêt de la finance n'est pas celui d'une nation, cette première seulement guidée par sa cupidité peut faire des affaires avec n'importe quel personnage aussi obscurantiste qu'il soit, même ceux menaçants les intérêts nationaux, mis l’État et tous les intérêts qu'il incarne notamment celui primordial de gérer la vie des citoyens, peuple qui comme nous disait Nietzsche, aussi peu éclairé soit 'il guide et guidera malgré tout tout le reste, seuls les américains semblant le comprendre d'ailleurs, lui ne peut pas se le permettre au risque de se faire, à long terme, anéantir.

Et ce qui fait la puissance des états unis c'est bel et bien cette capacité de la classe dirigeante au final de protéger l'intérêt commun, du moins le minimum, afin justement de protéger ses propres intérêts, principe fondateur que notre UERSS par exemple et son dirigisme néolibérale n'est plus en état intellectuel de comprendre.

C'est une guerre pour la suprématie mondiale, penser que les états unis vont abdiquer serait d'une stupidité hallucinante, non ils vont se battre avec tous les moyens dont ils disposent et ce sont eux qui en disposent le plus puisque ayant créé les règles du jeu auxquels tous les autres pays se sont bêtement soumis même si la Chine vient de le comprendre et essaye de réécrire ces règles mais sémantiquement, vu que par intérêt elle ont signé le premier contrat s'y retrouve complètement piégée.

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