Wall Street a rebondi avec la remontée du yuan, mais Pékin fait replonger sa monnaie

Après avoir vécu sa pire journée lundi, la Bourse américaine s'est reprise le lendemain, après que, dans la nuit de lundi à mardi, la banque centrale chinoise soit intervenue pour faire remonter le cours sa devise. Mais, ce mercredi matin, Pékin a recommencé à laisser filer sa monnaie, pour la faire chuter plus bas encore... En effet, le taux pivot du yuan a été fixé ce matin à 6,9996 pour un dollar, en repli de 0,44% par rapport à mardi. Il s'agit de son niveau le plus bas depuis mai 2008.

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(Crédits : Jason Lee)

Wall Street a terminé dans le vert mardi, après un geste de la banque centrale chinoise pour enrayer la chute de sa devise, au lendemain de la pire journée de l'année pour les principaux indices new-yorkais.

  • Après cinq séances consécutives de recul, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a gagné 1,21% à 26.029,52 points.
  • Quant au Nasdaq, l'indice à forte coloration technologique, après six séances de suite à la baisse, il s'est apprécié de 1,39% à 7.833,27 points
  • L'indice élargi S&P 500 est, lui, remonté de 1,30% à 2.881,77 points.

Lundi, les principaux indices new-yorkais avaient connu leur pire séance de l'année après une soudaine escalade du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Pékin, qui contrôle étroitement le cours de sa monnaie, l'avait laissée filer face au dollar, le yuan tombant à son niveau le plus bas depuis 2008.

Lire aussi : La monnaie chinoise plonge, un geste délibéré de Pékin après les menaces de Trump ?

Trump a-t-il forcé la banque centrale chinoise a fait remonter le yuan ?

Mais, dans la nuit de lundi à mardi, la banque centrale chinoise est intervenue pour faire remonter le cours sa devise, le gouverneur de l'institution bancaire affirmant que la Chine ne comptait pas se lancer dans une politique de dévaluation compétitive.

"Cela a servi de catalyseur pour la Bourse. Toutes les actions liées à la Chine se sont redressées", a commenté Quincy Krosby de Prudential Financial.

Elle poursuivait :

"On peut se demander si Donald Trump n'a pas forcé la main des Chinois en les accusant de manipuler leur monnaie. Mais, au final, ça n'a pas tant d'importance, car les Chinois ont agi."

L'hypothèse d'un accord avant la présidentielle de 2020 en suspens

La semaine dernière, Donald Trump avait déjà ravivé les tensions en annonçant son intention d'étendre des droits de douane supplémentaires à la quasi-totalité des importations en provenance de Pékin à compter du 1er septembre.

Après cette annonce, la possibilité d'un accord commercial entre les deux géants économiques avant la présidentielle américaine de 2020 a semblé s'éloigner.

Mais si les tensions sino-américaines restent vives, la Chine ne semble pas prête à s'engager dans une guerre monétaire au long cours avec Washington.

"Les Chinois ont de multiples raisons de garder le yuan à un niveau élevé. L'une d'entre elles tient au fait qu'une devise trop faible peut engendrer une fuite des capitaux, en dépit du contrôle qu'exercent les autorités chinoises sur leur monnaie", a indiqué Mme Krosby.

Lire aussi : Dévaluer le yuan, une stratégie à risques multiples pour Pékin

Sur le marché obligataire, le taux de la dette américaine à 10 ans remontait à 1,704% aux alentours de 21H00 GMT, après avoir atteint son plus bas depuis 2016 lundi.

Parmi les valeurs du jour, l'action de Caterpillar, considérée comme une jauge du commerce mondial, a gagné 1,62% après avoir chuté lundi. Celle du fabricant de semi-conducteurs Micron Technology, également en baisse la veille, est montée de 1,62%. Le sous-indice représentant les valeurs technologiques au sein du S&P 500 a rebondi (+1,61%) au lendemain d'une journée dans le rouge. Le géant informatique Apple, qui s'approvisionne largement en Chine, a notamment pris 1,89%, tandis que Facebook est monté de 1,53%.

En revanche, les valeurs énergétiques cotées au S&P 500 ont, dans leur ensemble, légèrement reculé (-0,06%).

"Ces valeurs ont baissé, car il y a encore de nombreuses inquiétudes sur la croissance mondiale et sur la vigueur de l'économie, des données auxquelles ce secteur est sensible", a indiqué Mme Krosby.

Mercredi matin, la Chine baisse à nouveau le taux pivot du yuan

La Chine, qui contrôle étroitement le cours de sa monnaie, l'a de nouveau laissée chuter mercredi pour le troisième jour consécutif face au dollar, en dépit de propos plus conciliants de Washington sur la guerre commerciale.

La banque centrale chinoise a fixé pour la journée de mercredi le taux pivot du yuan à 6,9996 pour 1 dollar, en repli de 0,44% par rapport à mardi. Il s'agit de son niveau le plus bas depuis mai 2008. La Banque centrale autorise quotidiennement sa devise à fluctuer de plus ou moins 2% par rapport à ce taux pivot.

Sur le marché des changes onshore, le taux du yuan était en repli de 0,37% à 7,0455 face au dollar à 10H40 locales (02H40 GMT). La devise a franchi lundi le seuil symbolique des 7 yuans pour 1 dollar, son niveau le plus bas depuis 11 ans.

La nouvelle a été vue comme une escalade dans la guerre commerciale entre Pékin et Washington, après la menace du président américain Donald Trump d'étendre des droits de douane supplémentaires à la quasi-totalité des importations en provenance de Chine à compter du 1er septembre.

Une baisse du yuan favorise les exportations chinoises et pourrait atténuer l'impact de ces surtaxes.

Après avoir officiellement accusé Pékin de manipuler sa monnaie, l'administration Trump a semblé tenir mardi des propos plus conciliants envers la Chine.

Le principal conseiller économique du président américain, Larry Kudlow, a indiqué que Donald Trump voulait toujours un accord commercial avec la Chine "mais seulement à condition que ce soit un bon accord".

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Commentaires 6
à écrit le 08/08/2019 à 10:16
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Le font ils exprès ou bien leur économie, dont on sait que leurs chiffres ont toujours été bidonné, ne commence t'elle pas à subir fortement cette crise mondiale ? Plus de 3000 manifestations par an dans ce pays du fait de la pollution les gars, ...

le 08/08/2019 à 14:55
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3000 manifestations par mois dans un pays de 1 milliards de personnes. Les administrations et entreprises publiques de France ne doivent pas être loin d’avoir le même nombre de grève dans un pays de 65 millions. On peut relativiser

le 08/08/2019 à 16:40
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C'est rigolo mais on est quand même au sein d'une dictature en Chine et on sait ce que cela coûte de manifester en général dans une dictature or pour qu'ils manifestent autant c'est qu'ils n'en peuvent certainement plus.

à écrit le 08/08/2019 à 5:30
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le rimnibi est pegged float ca fait longtemps qu'il est manipule pour le reste trump qui est aussi cale en economie que hollande, n'a pas encore compris que toutes les taxes qu'ils colle ont deja ete annulees par des baisses equivalentes du yuan......

le 08/08/2019 à 9:07
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Pas besoin d'aller chercher loin les imbéciles aux pseudo égocentriques et qui se tiennent pour meilleur expert que ceux qui ont deja démontré par leur réussite personnelle leur competence en matière economique

à écrit le 07/08/2019 à 16:53
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"après que la banque centrale chinoise soit intervenue" => après que la banque centrale chinoise EST intervenue Vu que c'est après, on est sûr que ça a eu lieu, donc c'est de l'indicatif et non du subjonctif...

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