GameStop : les huit valeurs qui ont fait trembler Wall Street passées au crible

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La Chambre des représentants aux Etats-Unis auditionne les principaux protagonistes de l'affaire GameStop
La Chambre des représentants aux Etats-Unis auditionne les principaux protagonistes de l'affaire GameStop (Crédits : LT)
La Commission des services financiers de la Chambre des représentants auditionne aujourd'hui les acteurs clé de la folle spéculation autour de huit valeurs, dont l'emblématique GameStop, qui a fait trembler Wall Street pendant quinze jours. Retour sur le parcours boursier de ces valeurs décotées qui ont fait la fortune des uns et le malheur des autres.

La Commission des services financiers de la Chambre se penche, en audition publique (et virtuelle), sur la saga GameStop qui a fait trembler Wall Street fin janvier. Parallèlement à ces auditions, plusieurs enquêtes ont été ouvertes, tant au niveau fédéral qu'au niveau des régulateurs, pour tenter de discerner d'éventuelles fraudes dans cette séquence boursière hors du commun.

Ainsi, le ministère de la Justice se penche sur le rôle des plateformes de trading et la CFTC, en charge des marchés dérivés, et dont l'ancien président, Garry Gensler, dont la réputation est celle d'un homme à poigne, vient d'être nommé à la SEC (le gendarme de la Bourse de New York), vient d'ouvrir une enquête sur le comportement des boursicoteurs sur le cours de l'argent, qui a fait également l'objet une brève spéculation

Des milliers de petits investisseurs, chauffés à blanc sur les réseaux sociaux, notamment le forum Reddit, avaient en effet acheté des titres de sociétés mal en point, souvent attaquées par des vendeurs à découvert professionnels. Ces actions avaient alors bondi dans des proportions considérables, forçant les vendeurs à découvert à couper en catastrophe leurs positions vendeuses, avec des milliards de dollars de pertes à la clé.

Des performances qui restent élevées

Le vent de folie s'est ensuite peu à peu dégonflé car très vite les autorités boursières sont intervenues en réclamant des appels de marge de plus en plus importantes aux plateformes de trading pour faire face à l'extrême volatilité des cours. Du coup, ces mêmes plateformes, Robinhood en tête, ont été contraintes d'imposer des restrictions sur les achats de titres (et non à la vente), à des degrés divers, sur une cinquantaine de valeurs dont huit valeurs qui ont particulièrement fait l'objet de spéculations. Que sont devenues ces huit valeurs depuis?

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Tout d'abord, GameStop, qui est pas loin d'avoir fait un retour à la case départ. Cette société, maison-mère de Micromania, spécialisée dans la distribution de jeux vidéo en boutique,avait connu un pic à 482 dollars en séance au plus fort de la spéculation le 27 janvier dernier pour finaliser retomber sous la barre des 50 dollars début février. Le titre ne cesse de décliner depuis autour de 45 dollars. Ce qui lui permet tout de même d'afficher une hausse de 140% depuis le début de l'année. Difficile toutefois d'anticiper un prix d'équilibre pour l'action alors que le marché a du du mal à répondre aux offres. Selon des sources de marché, citées par Bloomberg, sont considérées comme "non livrées", les acheteurs manquant de liquidités ou les vendeurs n'ayant pas les actions pour régler les transactions.

Ensuite, Nokia dont le profil de grande entreprise européenne dans les infrastructures télécom tranche avec les autres valeurs américaines décotées. La spéculation dont a fait l'objet de titre, commencé bien avant que l'affaire Gamestop ne fasse la une de la presse, a d'ailleurs inquiété les régulateurs européens d'une possible contagion de cette fièvre en Europe. Ainsi, le titre Nokia (action ADR coté à New York) a plus que doublé de valeur au plus fort de la spéculation pour flirter au plus haut avec un cours de 9 dollars pour osciller désormais autour de 4 dollars, soit une progression modeste de près de 6% depuis le début de l'année. C'est finalement la valeur la plus "raisonnable" des huit.

La société Naked Brand, spécialisé dans la lingerie et les vêtements nautiques, n'a pas échappé la fureur des boursiers. "Penny stock" par excellence, qui a déjà fait l'objet d'une folie spéculative durant l'été 2018 et avait perdu depuis plus de 99 % de sa valorisation, a une fois de plus été particulièrement chahuté en janvier pour finalement rester sur une belle performance à ce jour : le gain est de près de 600% depuis le 1er janvier, soit un cours de 1,27 dollar contre 0,22 dollar à la fin de l'année 2020. Autre valeur emblématique de cette période de folie, la chaîne de cinémas AMC Entertainment, frappée de plein fouet par la crise du Covid. Le titre a débuté l'année à 2 dollars avant de flamber au plus haut, le 27 janvier, à 20 dollars, avant de se stabiliser autour de 5,5 dollars. La progression depuis le début de l'année n'est pas négligeable : près de 170% !

Le titre Blackberry était sans doute le plus connu du grand public : le fabricant de téléphone mobile emblématique a complètement loupé le virage technologique de l'écran tactile et son cours s'est effondré ces dernières années. Alors que le cours semblait stabiliser depuis des mois autour de 6 dollars d'action, il n'a échappé à l'assaut internautes qui l'a propulsé, le 27 janvier, à 27 dollars pour glisser depuis vers les 11 dollars. Les mouvements sont moins violents mais le titre affiche une hausse de 65% depuis janvier.

Autre marque connu du grand public, Koss Corporation, fabricant de casques hifi, a connu un parcours plus erratique.Parti sur un cours de 3,3 dollars, l'action a brusquement monté en trois jours, pour atteindre un plus haut en séance de 127 dollars le 28 janvier,avant de revenir sur des niveaux qui restent élevés de près de 16 dollars. Au total, le titre gagne sur l'année quelque 370%.

Les deux dernières valeurs, Genius Brands (diversement) et Express (mode) affichent également des scores non négligeables depuis le début de l'année, avec des hausses respectives de 40 % et 158%. La première société a connu un pic en séance de 2,97 dollars le 27 janvier pour retomber vers 1,9 dollar l'action alors que le spécialiste de la mode a vu son cours multiplié par six au plus haut (14 dollars) pour revenir à 2,5 dollars.

Au final, la quasi totalité des valeurs affichent toujours de solides progression après le dégonflement partiel de la bulle et les évolutions des cours indiquent tous un pic pendant les trois jours fous de Wall Street, les 27, 28 et 29 janvier.

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Commentaires
a écrit le 20/02/2021 à 11:39 :
C'est étonnant de voir que les commissions de surveillance boursières ne s'inquiètent pas quand des fonds d'investissement coulent des sociétés en gagnant un maximum d'argent au passage. Mais elles s'agitent quand de simples boursicoteurs sauvent des entreprises et freinent la voracité des spéculateurs institutionnels. C'est du libéralisme à géométrie variable. Je parie q'une nouvelle réglementation apparaîtra bientôt interdisant aux amateurs de boursicoter.

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