BMS va donner son autonomie à Upsa. Mais pourquoi ?

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
« La direction de Bristol-Myers Squibb (BMS) annonce ce jour un projet de création d'une entité dédiée à UPSA au sein de BMS en France. » Dès la première phrase du communiqué de presse, BMS annonce la couleur : il entend redonner son autonomie à Upsa (Union de pharmacologie scientifique appliquée), société créée à Agen en 1935 dont la marque a été conservée par BMS au moment de son intégration au sein du groupe américain en 1994. La base lot-et-garonnaise produit notamment le célèbre Efferalgan et plus globalement, 37% du paracétamol consommé en France, soit 200 millions de boites.
Voici ce que communique le groupe :
Le groupe américain donne même une date : la nouvelle entité pourrait être créée dès le 1er janvier 2015. Maintenant, des questions se posent.
A priori, elles seraient nulles si l'on en croit BMS qui promet que ce projet n'aura « aucune conséquence sur la situation individuelle des collaborateurs, ni d'impact pour les patients et les professionnels de santé. Tous les contrats de travail, les autorisations de mise sur le marché (AMM) et les actifs de la division UPSA seraient transférés au sein de la nouvelle entité. »
C'est LA grande question. BMS dit vouloir laisser à la division Upsa plus de latitudes pour renforcer sa marque. L'argument tient la route : Upsa reste bien plus connu en France que BMS. Mais d'autres hypothèses, qui ne sont donc que des hypothèses, peuvent être imaginées. Impossible d'écarter le contexte : BMS n'apprécie guère la menace, qui plane depuis plusieurs mois, d'inscription au tableau des médicaments génériques du paracétamol, dont BMS-Upsa est le 2e producteur français. La substitution de ses médicaments phares, Efferalgan et Dafalgan, pourrait induire des effets catastrophiques dans l'agglomération d'Agen, avec au moins 550 emplois directs détruits dans un premier temps. BMS l'a déjà dit : il ne veut pas produire de génériques qui iraient à l'encontre de son positionnement. L'idée sera donc de confier à Upsa, redevenue autonome, le soin de produire un « auto-générique » pour maintenir la compétitivité des usines et éviter que le marché ne s'échappe vers d'autres génériqueurs.
Autre possibilité : BMS préparerait tout simplement une cession d'Upsa. Une opération qui serait techniquement facilitée par le fait de lui avoir redonné un statut juridique propre. Mais encore une fois : il ne s'agit que d'hypothèses… qui tournent dans bien des têtes agenaises.
BMS France
- 1re filiale du groupe hors Etats-Unis
- 1.002 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2013
- 2.500 emplois en CDI
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