Avec une nouvelle rotative, Groupe Imprim se taille un avenir en grand format

Pierre Cheminade

Laurent Rousseil
FRANCOIS PASSERINI photographe

Pierre Cheminade

Laurent Rousseil
FRANCOIS PASSERINI photographe
Les différents locaux du Groupe Imprim sont disséminés le long de la rue de la Source à Gradignan (Gironde) où l'imprimeur s'est installé en 1984 : près de 3.000 m2 répartis dans quatre bâtiments voisins acquis au fur et à mesure de la croissance de cette maison de papier familiale créée en 1972 à Bègles par Patrick Rousseil, le père de l'actuel PDG. Le passage de témoin s'est fait en 2010 lorsque Laurent Rousseil, le fils, est devenu PDG tandis que sa sœur, Emilie Rousseil, a pris les fonctions de DAF et DRH.
Après une formation d'arts graphiques et un passage par les différents métiers de l'entreprise, le nouveau capitaine arrive à la barre avec une idée claire du cap à suivre sur un marché français de l'impression papier en repli de 3,3 % en 2016 à 5,3 Mds € : "En 2014, j'avais la volonté de grandir et de sécuriser les 35 emplois alors que nous sortions à peine de la crise de 2009/2010. Le marché évolue aussi et il fallait s'adapter à une communication qui ne se fait plus seulement sur le papier, qui est devenue multicanale. Nous avons donc créé notre filiale LVP, une agence de communication dotée d'un studio graphique", raconte Laurent Rousseil. Une volonté assumée d'étendre l'activité en sortant du simple rôle d'imprimeur pour proposer à sa clientèle des prestations "clefs en main" qui vont jusqu'au conseil en matière de site web et de communication digitale.
Mais pour réussir cette diversification, encore faut-il pouvoir répondre aux exigences des clients sur le cœur de métier, à savoir "le prix, la qualité et la réactivité de l'impression". Et les demandes des 300 clients - agences de communication, enseignes de grande distribution, réseaux franchisés, PME/PMI, collectivités, offices de tourisme, etc. - sont aussi variées qu'évolutives et peuvent concerner de quelques centaines à 3 millions d'exemplaires. Laurent Rousseil a donc pris le risque d'investir dans du matériel neuf :
Financée par des emprunts bancaires sur 8 ans assortis d'une caution de Bpifrance de 30 % du montant, cette nouvelle rotative de la marque allemande Heidelberg était la seule alternative viable aux yeux de Laurent Rousseil :
D'autant que la nouvelle rotative, capable de produire 45.000 pages par heure, consomme moins d'énergie (-18.000 €/an) et moins de papier et est dotée d'aides automatisées pour le conducteur. Installée cet été, la machine sera inaugurée officiellement le 18 octobre.
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Avec ces nouveaux outils de production, Groupe Imprim peut désormais se projeter. Et ce petit imprimeur régional se verrait bien basculer dans la cour des acteurs de taille intermédiaire dans un secteur où 73 % des entreprises ont moins de 9 salariés et seulement 5 % plus de 50 salariés. L'imprimeur girondin, qui vient de refondre son identité visuelle pour délaisser Imprim'33 au profit de Groupe Imprim, entend donc s'affirmer sur la scène régionale voire nationale.
L'entreprise compte aujourd'hui 45 salariés en CDI pour un chiffre d'affaires de 8,2 M€ sur l'exercice 2017/2018, en hausse de 12 % sur un an, pour un résultat net de 110.000 €. "Je me suis fixé un objectif de croissance du chiffre d'affaires de 10 % par an pour passer la barre des 10 M€ à l'horizon 2020", précise Laurent Rousseil, qui est aussi attentif aux opportunités d'opérations de croissance externe. "On souhaite se développer dans la moitié sud de la France, de Biarritz à Marseille, et on regarde ce qui peut se faire vis-à-vis d'autres acteurs. Mais ça attendra probablement 2020", précise le PDG. D'ici là, un dispositif de participation/intéressement devrait avoir été déployé dans l'entreprise et 4 à 5 personnes devraient avoir rejoint l'entreprise dont un responsable du façonnage, un conducteur rotativiste, un aide-conducteur et un receveur. L'imprimeur est notamment en lien avec le lycée polyvalent des Iris à Lormont qui propose un BTS "communication et industrie graphique".
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Du papier à base d'eucalyptus
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Avec 150 millions d'exemplaires imprimés, Groupe Imprim consomme 5.000 tonnes de papier chaque année. L'entreprise a obtenu les labels Imprim'ver et PEFC (programme de reconnaissance des certifications forestières), deux certifications privées pour la gestion durable des forêts et le respect de l'environnement. Elle se fournit principalement auprès de l'usine à papier de Condat, en Dordogne, filiale du groupe européen Lecta. La pâte à papier provient d'eucalyptus du Portugal, d'Espagne et d'Amérique du sud.
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