Entre PME et startup, DMIC cherche une 3e voie

Mikaël Lozano

David Babin, président de DMIC
Agence Appa

Mikaël Lozano

David Babin, président de DMIC
Agence Appa
Née en 1991 en tant que société de développement de logiciels professionnels, DMIC a la stature d'une PME et cherche à se rapprocher de la startup par plusieurs aspects. Aucun paradoxe dans la démarche mais tout ce qui fait le sel de l'entrepreneuriat : la remise en question, les (r)évolutions rapides, l'émergence d'une concurrence au grand galop... et les questionnements sur la ligne à tenir en matière de développement.
1991 donc, création de l'entreprise. 2003 correspond à un autre tournant : la société embrasse le sujet de la mobilité des salariés. C'est l'émergence des PDA, les personnal digital assistants qui tiennent plus ou moins bien dans la poche, l'avènement du recueil des données, l'IoT (l'internet des objets) avant l'heure. Première bascule dans la stratégie : DMIC cherche à sortir du "one shot" qu'implique le sur-mesure et à se focaliser sur un produit unique. David Babin intègre l'entreprise à un moment où elle cherche à se faire une place sur un segment de marché bien précis. En l'occurrence, faciliter la gestion des déplacements des salariés des entreprises en optimisant tous les volets : passages des flottes de voitures et de camions, amplitudes horaires, pilotage au plus fin des indemnités de déplacement. 2010-2011 :
2016 : David Babin reprend les rênes de DMIC et succède au fondateur Eric Artigala. La société continue à creuser son sillon mais vit aussi une simili-crise d'identité.
Viser le BtoB et un marché de niche : la stratégie est connue mais fonctionne souvent.
DMIC a bâti un duo : des capteurs autonomes pendant cinq ans, pensés pour les chantiers et fonctionnant sur des machines même dépourvues d'énergie en propre, et une application web disponible sur tous supports permettant de géolocaliser les véhicules, leur temps d'usage, leur disponibilité, de planifier leur maintenance... La solution s'appuie sur la technologie IoT LoRa, déployée par Bouygues et Orange.
David Babin ne perd pas de vue certains éléments distinctifs des startups : "Résumer la proposition de valeur au bon format à l'investisseur, au client... Egalement, la capacité à oser, à s'affranchir des barrières conventionnelles." Le regard n'est pas envieux mais lucide :
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David Babin cherche donc "une voie intermédiaire" pour DMIC. Il estime que la maturité aidant, "il y aura un moment où on ne parlera plus de startups" et juge que la question de la mise à l'échelle n'est pas si simple. "Les banques se disent d'ailleurs que les PME, c'est souvent du solide, ce n'est pas si mal", sourit-il. En plein lancement commercial qui va s'étaler sur les 12 à 18 prochains mois, DMIC espère "doubler son chiffre d'affaires lors du prochain exercice pour le boucler entre 1,2 et 1,4 million d'euros et pouvoir revendiquer la capacité à attaquer fortement le marché. L'idée est ensuite de lever entre 3 et 5 millions d'euros, auprès d'un investisseur ou d'un partenaire industriel qui pourrait renforcer l'entreprise sur plusieurs plans."
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