La ville de Doha est encore aujourd'hui une forêt de grues. Le long de la corniche qui borde les eaux chaudes du golfe Persique, des ouvriers, sri-lankais pour la plupart, s'affairent à construire la nouvelle promenade en front de mer. "Tous les chantiers ici sont liés au Mondial", témoigne Maxime Ardilouze. Né à Bordeaux, il vit depuis huit ans à Doha. Architecte d'intérieur, lui et ses équipes ont, entre autres, installé les murs acoustiques de la cinquantaine de loges VIP de l'un des huit stades du Mondial. Le Français travaille aujourd'hui sur les plafonds lumineux du futur terminal de l'aéroport de Doha.
Souvent montré du doigt pour son empreinte écologique, le Qatar évolue dans le bon sens, promet Maxime Ardilouze : "C'est vrai qu'il n'y a pas de covoiturage et que les voitures consomment énormément, mais c'est par nécessité, parce qu'on vit dans le désert. Personne ne roule en Clio ici ! Il y a tout de même une vraie prise de conscience des jeunes Qataris. Ils circulent en métro et se sont mis aux trottinettes électriques."
Réelle conviction ou "greenwashing" ? Le Mondial en tout cas joue la carte du développement durable : l'un des stades a été réalisé en containers et est entièrement démontable et réutilisable. L'événement a par ailleurs été décalé à l'automne pour éviter les trop fortes chaleurs et d'avoir à climatiser les stades !
Quant aux conditions de travail sur place, régulièrement dénoncées par les ONG, elles se sont grandement améliorées, assure Maxime Ardilouze, justement grâce à ce coup de projecteur international braqué sur le Qatar depuis l'attribution de la Coupe du monde il y a une dizaine d'années :
"Quand je suis arrivé il y a huit ans, il n'y avait pas de salaire minimum, maintenant il y en a un. Avant, il fallait l'accord de votre ancien employeur pour en trouver un nouveau, ce qui n'est plus le cas. Sur les stades, on a régulièrement des contrôles et même à moi, tout petit entrepreneur, ils m'ont demandé les bulletins de salaire et les feuilles d'heures de tous les salariés."