Formation, logement, mobilité : en Haute-Corrèze, Ucelia se mobilise depuis 18 mois pour attirer de nouveaux talents. De quoi signer 40 embauches cette année pour ce sous-traitant aéronautique qui, avec 300 salariés, est un acteur majeur de ce territoire rural où le plein emploi est la règle.Dans ce coin de Haute-Corrèze à l'écart des centres de décision mais à deux pas de l'A89, le fondeur Ucelia (ex Constellium), repris en février 2023 par Noé industries, cherche à gagner en visibilité pour embaucher. Ici, à Ussel, les 300 salariés et quelques intérimaires d'Ucelia produisent des pièces en aluminium pour l'aéronautique et l'aérospatial telles que des charnières de portes pour l'A320, des carters d'entrée d'air pour le Rafale et des pièces de moteurs d'avions. De quoi faire du fondeur l'un des quatre plus gros employeurs d'un arrondissement à la démographie déclinante qui compte 10.000 salariés, dont 17 % dans l'industrie.
Un bassin d'emploi en tension
Avec 40 embauches depuis janvier et cinq postes à pourvoir, l'industriel a réussi son premier défi en multipliant les initiatives pour recruter et gagner en compétitivité. « On est dans un bassin d'emploi en tension avec seulement 5 % de chômage [contre plus de 7 % au plan national, NDLR] et on se bat tous les jours pour recruter ! », lance le PDG Jean-Baptiste Foisel. Sa campagne de communication a fait mouche mais la formation reste son moteur pour transmettre un savoir-faire technique qui ne s'apprend pas dans les écoles.
« Notre école de formation a été créée en 2017 pour les mouleurs, noyauteurs et remouleurs qui suivent plus de 200 heures de formation validées par une certification professionnelle », indique Marietha Brun, la DRH. Neuf noyauteurs seront formés en janvier 2025. « Ils apprennent les trois postes pour comprendre chaque phase de fabrication. On travaille beaucoup sur les poly-compétences pour que les salariés puissent travailler sur plusieurs postes selon les besoins. » Ucelia consacre 5 à 8 % de sa masse salariale à la formation. Même si les nouvelles recrues sont issues d'autres branches professionnelles, ce n'est donc pas un frein à l'embauche.
Corinne Mérigaud, à Limoges