Avec 18 % des émissions françaises de gaz à effet de serre, l'industrie doit se décarboner. Des grands groupes aux start-ups, la transition est en marche, comme l'illustrent trois projets en Nouvelle-Aquitaine.« Pour tenir notre engagement européen de réduire de 55 % les émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990, il faut démultiplier les actions et les efforts, il faut enclencher la vitesse supérieure, on n'a pas le choix ! », a martelé Etienne Guyot, le préfet de Nouvelle-Aquitaine, le 14 février lors de la restitution de la COP régionale. « L'enjeu aujourd'hui c'est de massifier, c'est d'embarquer tout le monde dans la transition énergétique. Et les entreprises de la région sont en avance de phase sur ce sujet », abonde Alain Rousset, le président du conseil régional.
Mais quand le bâtiment et les transports sont encore à la traîne dans la dynamique de réduction de leurs émissions, l'industrie et l'énergie sont, elles, en avance sur leurs objectifs, selon les chiffres présentés lors de cette restitution devant les très nombreuses parties prenantes. Illustration à Lacq-Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques, sur l'ancienne plateforme Total.
Ici, plus de dix ans après l'arrêt de l'exploitation commerciale du gaz, le bassin industriel béarnais s'est réorienté vers la chimie. Arkema emploie 330 personnes à Lacq, où il fabrique des produits soufrés, comme du THT, un additif ajouté au gaz de ville pour lui donner une odeur immédiatement identifiable en cas de fuite par exemple ou des produits pour la pétrochimie et l'électronique. En 2021, le géant de la chimie a décidé d'investir 40 millions d'euros dans une nouvelle unité de production baptisée Trefle, comprenant une immense chaudière de 10 mètres de long. La nouvelle unité sera opérationnelle à partir de cet été et doit permettre à Arkema de réduire de moitié chaque année ses rejets dans l'atmosphère.
Emmanuel Langlois, avec Pierre Cheminade