Soutenir la production du biométhane, ce gaz issu de la fermentation de déchets organiques, pour remplacer petit à petit une partie du gaz fossile, bien plus émetteur de CO2, destiné à chauffer les bâtiments. Sur le principe, tous les acteurs de la filière gazière y sont favorables. Mais en coulisses, la mise en œuvre de ce soutien, via des Certificats de production de biogaz (CPB), se révèle source de vives tensions au sein de la filière. Défendu bec et ongles par France Gaz, le syndicat professionnel de l'industrie gazière, et soutenu par le Syndicat des énergies renouvelables (Ser), ce dispositif est, en revanche, largement décrié par de nombreux fournisseurs d'énergie. Alors que les CPB sont censés soutenir l'essor du biogaz, ils risquent, à l'inverse, de fragiliser grandement la filière, s'alarment plusieurs d'entre eux.
Pour mémoire, ce mécanisme contraint les fournisseurs d'énergie à intégrer dans leur offre de gaz une partie de biogaz, selon une trajectoire progressive définie par un arrêté publié en juillet dernier. Objectif : garantir des débouchés aux producteurs de biométhane, aujourd'hui essentiellement des agriculteurs, sans que cela ne pèse sur les finances de l'État dans un contexte de crise budgétaire.