Parmi les cinq secteurs les plus polluants, le transport et la construction pèsent lourd dans le poids carbone de la France. L'industrie des carrières est liée aux deux. Les granulats extraits sont acheminés sur des dizaines voire jusqu'à parfois quelques centaines de kilomètres pour alimenter les chantiers. Une étape qui représente le plus gros coût environnemental du traitement des sables et graviers.
Au sein de l'Unicem, l'Union des industries de carrières et de matériaux de construction, on ne se projette pas vraiment sur la neutralité carbone visée par la France pour 2050 mais plutôt sur « un besoin en granulats qui restera à peu près constant dans les prochaines années ». Pour maintenir la cadence des 40 millions de tonnes extraites chaque année en Nouvelle-Aquitaine (2e région française derrière Auvergne-Rhône-Alpes), les représentants de la filière militent pour un développement local : « mailler le territoire avec des carrières plus petites ». Et continuer à produire quatre millions de m3 de béton par an dans la région en dépit de l'urgence climatique.
« On cherche à limiter le transport qui représente la plus grosse part de nos émissions de CO2. L'accès réglementaire à la ressource s'épuise, or pour ne pas l'importer on va devoir renouveler voire ouvrir de nouvelles carrières », revendique Laurent Richaud, président du groupe Garandeau et des Producteurs de granulats de Nouvelle-Aquitaine. Un intérêt aussi économique pour les clients puisque le prix des granulats (un à deux centimes d'euros le kilo) double tous les 50 km de transport. La facture est particulièrement élevée pour la construction bordelaise puisque la métropole ne compte plus de carrière active. Si leur nombre a été divisé par deux dans la région en vingt ans (avec 500 sites encore en service), les volumes extraits restent quant à eux stables depuis 2017.