Global Hygiène, ce groupe qui rouvre petit à petit des papeteries

Maxime Giraudeau

Maxime Giraudeau
Des cheminées froides, des halles métalliques désertes, des tôles grinçantes battues par le vent en bord de Garonne... Comment croire que le vaisseau échoué de l'ancienne papeterie de Bègles, à quelques kilomètres au sud de Bordeaux, n'est plus en déshérence ?
Dans l'un des deux bâtiments tout en longueur, le démantèlement de la colossale machine à papier expédiée au Bangladesh a laissé des saignées sur une cinquantaine de mètres dans le sol de béton. Mais l'effarement fait place au soulagement à l'entrée du second bâtiment : des rouleaux d'essuie-main glissent au fil d'une ligne de production toute neuve sur un sol en lino brillant.
La renaissance s'est concrétisée en 2024 dans la désormais bien nommée Papeterie de la Lune. Référence au Port de la Lune de Bordeaux évidemment, mais aussi à la nouvelle activité du complexe industriel : la production de papiers hygiéniques. Une dizaine de salariés se relaie autour de la petite unité capable de débiter 30.000 tonnes de papier toilette, essuie-main et draps médicaux par an.
90 salariés avaient perdu leur emploi à la fermeture décidée par le groupe Etex en 2021. Ce 21 février, la fierté était donc palpable lors de l'inauguration officielle de la nouvelle fabrique. « Elle est située dans un quart Sud-Ouest où il n'y a pas de papeteries, observe Luc Brami, président du groupe Global Hygiène. Il faut un important approvisionnement en gaz, en électricité et en eau. C'est rare de trouver un site avec la conjonction de tous ces paramètres. »
Le groupe racheté en 2011 n'a donc pas tellement d'autre choix que de reprendre les industries papetières abandonnées pour relancer des productions. Trois de ses quatre implantations en France concernent d'anciennes papeteries abandonnées. Bègles, la dernière en date, s'ajoute à celles de Charavines (Isère) et d'Auxonne (Côte d'Or, siège du groupe). Avec une stratégie qui se déploie par petites étapes. Cinq millions d'euros ont été nécessaires pour reconvertir la première partie du site girondin. Une seconde ligne de production doit suivre d'ici 2027 avant, peut-être, le retour d'une machine à papier pour maîtriser tout la chaîne de valeur.
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« Notre logique c'est de construite une activité qui va prendre de l'ampleur petit à petit. Il faut qu'on arrive à générer une base solide, c'est la pérennisation qui sera compliquée », prédit Luc Brami, fort d'un chiffre d'affaires de 80 millions d'euros en 2024. Avec 200 salariés, le groupe a doublé tant ses effectifs que ses revenus commerciaux en dix ans.
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La bonne santé et les ambitions de l'entreprise s'affichent à un moment où l'industrie papetière est en plein marasme. Les fermetures et les plans sociaux s'enchaînent depuis plus d'un an dans le secteur du papier, torpillé par les surcoûts énergétiques et la baisse de la demande. La France voit une industrie historique disparaître. « Dans notre secteur, certains activités se portent bien et d'autres mal. Tout ce qui est lié au papier subit des baisses d'activités à cause de l'essor du numérique. Deux segments sont porteurs : l'emballage et l'hygiène, car ils ne peuvent pour l'instant pas être remplacés », explique le dirigeant, qui avance à pas mesurés sur un marché toujours en demande.
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